‹ Ma mission en ChineChapitre 34 sur 180 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les conséquences de l'intervention franco-russe en faveur de la Chine. — Avantages que la France en retire. Négociations et conclusion des conventions franco-chinoises de délimitation et de commerce sur notre frontière indo-chinoise (20 juin 1895). — L'emprunt chinois de libération, garanti par la Russie, et contracté avec les banques franco-russes (juillet 1895). — Règlement des affaires de missions religieuses. — Nomination d'un ministre de Chine à Paris.

Les premiers et immédiats effets des événements qui venaient de s'accomplir ne tardèrent pas à apparaître. Ils eurent la logique et la clarté qu'avaient les causes elles-mêmes. Au cours et à l'issue de la guerre qui avait «^branlé jusque dans les profondeurs le Céleste Empire et menacé l'avenir de l'Asie, les puissances prévoyantes dont l'intervention avait préservé l'intégrité et l'indépendance de la Chine s'étaient par là même assuré une

influence légitime auprès du gouvernement chinois et de ses conseillers. La Chine, malgré l'illusion de suzeraineté universelle dont elle se flattait encore au mois de juillet 1894, et bien qu'elle eût traditionnellement pour règle de ne point se lier avec les puissances étrangères et de les traiter toutes sur le même pied, sans privilège exclusif ni faveur, était amenée par la force des choses à reconnaître les titres que certaines de ces puissances s'étaient acquise sa particulière gratitude. Ce fut, d'autre part, la sagesse et le mérite de deux au moins de ces puissances, de la France et de la Russie, et tout en prenant naturellement dans la confiance de la Chine la place qui leur revenait, de ne rechercher, avec la sauvegarde ou le développement de leurs propres intérêts, que des avantages conformes à l'intérêt de la Chine elle-même et favorables à la consolidation de l'intégrité et de l'indépendance de l'Empire. C'est ainsi que, dans une période qui s'étend de la ratification du traité de Shimonoseki (8 mai 1895) jusqu'à la fin de 1897, la Chine se trouva liée, pour son bien comme pour le nôtre, à la politique de la France et de la Russie, et en vint à contracter avec la Russie des engagements tels qu'elle n en avait jamais conclus avec aucune puissance étrangère. Et si cette période prit fin prématurément entre les années 1898 et 1900, la responsabilité n'en saurait être imputable à la France et à la Russie qui n'avaient point modifié leur attitude de 1895, mais bien à l'Allemagne qui, pour avoir poursuivi isolément la satisfaction de ses ambitions particulières, éveilla les défiances de la Chine et provoqua la dangereuse réaction nationaliste des < Boxeurs ».

La France et la Russie recueillirent dès l'année 1895 le fruit de la politique dont elles avaient pris l'initiative

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