‹ Ma mission en ChineChapitre 36 sur 180 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

préoccupations que causaient au gouvernement chinois les événements militaires de Mandchourie, et quoique le Tsong-li ya-men fût à certains égards ému et perplexe du retour aux affaires du prince Kong, j'obtins du prince K'ing et des ministres, notamment de Souen-Yu-wen et de Siu Yong-yi qui prenaient la part la plus active à nos discussions, la fixation de la ligne générale de la frontière entre le Fleuve Rouge et le Mékong. Je leur remis, à leur demande, une carte que j'avais moi-même dressée d'après tous les documents ou informations recueillis, et dont copie fut envoyée au vice-roi du Yun-kouei. Il fut entendu, en outre, que des délégués nommés par le gouverneur général de Tlndo-Chine et le vice-roi du Yunkouei reconnaîtraient sur place la ligne frontière ainsi déterminée en principe, et que, cette fois, pour éviter des pertes de temps, les opérations de reconnaissance, de délimitation et d'abonnement seraient autant que possible, et si les délégués se mettaient d'accord, menées de front ou même confondues. J'insistais enfin auprès des ministres pour qu'il fût admis dès à présent qu'à la convention de délimitation de la frontière devraient être jointes, comme en 1887, les dispositions et stipulations relatives aux rapports commerciaux à établir dans la région ainsi délimitée. Les ministres du Tsong-li ya-men auraient voulu, fidèles à leur méthode deprocrastination, que la convention proprement commerciale fût ajournée jusqu'à la fixation définitive et sur place de tous les points de la frontière. Mais M. Hanotauxme pressait avec raison d'en finir, tenant à ce que le lien fût noué entre la détermination des frontières et les conditions selon lesquelles ces frontières seraient ouvertes aux relations, au commerce, au transit entre les deux pays. Le 10 novembre j'e fis

valoir avec force auprès du prince K'ing et des ministre» les considérations pour lesquelles il était nécessaire de compléter l'œuvre de délimitation par les dispositions réglant l'ouverture de la frontière; j'eus soin, d'ailleurs,, d'ajouter que ces dispositions d'ordre économique et commercial, comme la délimitation elle-même, n'étaient que le complément et l'extension à la frontière occidentale jusqu'au Mékong des stipulations déjà adoptées et appliquées sur toute notre frontière orientale depuis Laokai et le Kouang-si jusqu'à la mer. Le 17 novembre^ le Tsong-li ya-men se déclara d'accord en principe avec moi sur le caractère des stipulations additionnelles destinées à régler les relations entre nos frontières. Le 2 décembre, il me confirmait cette réponse par écrit. Le 25 février 1895, après avoir reçu de M. Hanotaux les instructions complémentaires qui m'étaient nécessaires sur l'ensemble des stipulations à insérer dans la convention commerciale, je pus faire parvenir à Paris, par la poste russe, le projet de convention dont, le 6 mars suivant, je soumis le texte au prince Kong. Ce projet comprenait : 1» la création de deux vice-consulats français à Tong-hing sur la frontière du Kouang-tong et à Ho-kéou au lieu de Man-hao sur la frontière du Yun-nan, et d'un consulat à Sseu-mao sur les confins du Yun-nan et du Haut Lao^; 2» la définition des conditions dans lesquelles se ferait désormais le transit commercial entre la Chine méridionale et rindo-Chine; 3** la faculté d'importation dans les trois provinces méridionales de Chine du sel de l'Annam et la faculté pour les ingénieurs et industriels français d'exploiter les mines de ces trois provinces; 4» les conditions de raccordement par Sseu-mao des réseaux télégraphiques de la Chine et de nos possessions indo-chinoises.

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