‹ Ma mission en ChineChapitre 40 sur 180 · LIVRE II 6t · texte numérisé non relu

LIVRE II 6t

que les relations entre la France et l'Angleterre sont devenues heureusement fort différentes de ce qu'elles étaient à cette date de 1895. Je dus rappeler les plénipotentiaires» chinois au devoir que leur avait prescrit le décret impérial rendu la veille et aux égards qu'ils devaient au gouvernement français et à la personne de son représentant. J'ajoutai que, d'ailleurs, je leur avais démontré à plusieurs reprises la solidité des droits que la France avait sur ces territoires des Muong-hou depuis plus d'un siècle rattachés à l'une des confédérations du Haut-Laos. Le prince K'ing et le ministre Siu Yong-yi finirent par reprendre conscience de la mission dont ils avaient à s'acquitter. Ils revêtirent les insignes officiels dont ils auraient dû être parés dès ma venue. Ils firent apporter les exemplaires des conventions avec les cachets et les sceaux. La cérémonie de la signature fut accomplie selon les rites. Puis nous nous assîmes, conformément à l'usage^ à la table où était servie la collation destinée à célébrer l'heureux événement. Je pus annoncer le même soir à M. Hanotaux que, par la signature des deux conventions,, le gouvernement chinois nous avait donné le premier gage de sa gratitude envers le gouvernement français.

Notre frontière indo-chinoise (1) était désormais solidément constituée de la mer au Mékong. Elle suivait, à partir du Fleuve Rouge, jusqu'à la Rivière Noire, la ligne des rivières Long-po-ho, P'ing-ho, Mou-k'i-ho, Ta-pao-ho, * Nan-kong-ho, Pa-pao-ho, Kouang-sse-ho, Nam-la-ho, de façon à nous laisser tous les territoires occupés par notre client et protégé le chef annamite Deovantri. De la Rivière Noire et de son confluent le Nam-nap, la frontière suivait

(1) Voir à Tannexe le texte des conventions franco-chinoises du 20 juin 1895 et la copie des cartes y annexées.

le cours du Namp-nap jusqu'à sa source, puis la chatne de partage des eaux jusqu'aux sources du Nam-kang et du Nam-la, la chaîne de partage des eaux entre le bassin du Nam-hou et le bassin du Nam-la, de façon à laisser à rAnnam, à l'est, Muong-hou, Wou-to et la confédération des Hua-panh-ba-tang-hoc. La frontière suivait enfin la direction nord-sud sud-est jusqu'aux sources du Nan-woho, et contournait, par la chaîne de partage des eaux, dans la direction ouest-nord-ouest, les vallées du Nanwo-ho et des affluents de gauche du Nam-la jusqu'au confluent du Mékong et du Nam-la, au nord-ouest de Muongpoung. Le territoire des Huit sources salées (Pa-fat-sai) demeurait attribué à l'Annam.

Pour assurer et régler les communications et le commerce sur cette frontière, le vice-consulat de Man-hao était transféré à Ho-k'eou, un consulat français et une douane chinoise étaient installés à Sseu-mao. Un règlement libéral des conditions de transit donnait au commerce francochinois par l'Indo-Chine des facilités égales à celles dont jouissaient les marchandises chinoises transitant d'un port chinois à un autre port chinois. La Chine promettait de s'adresser d'abord à des industriels et ingénieurs français pour l'exploitation des mines dans les trois provinces limitrophes. Il était entendu que les voies ferrées déjà existantes ou projetées en Annam pourraient, après entente commune, être prolongées sur le territoire chinois. Enfin, et par une disposition additionnelle à la convention télégraphique signée à Tche-fou le 1" décembre 1888, il était convenu que les réseaux télégraphiques de la frontière seraient raccordés par les deux stations de Sseu-mao en Chine et de Muong-ha-hin en Annam.

L'œuvre commencée en 1885 par le traité de Tien-tsin

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