‹ Ma mission en ChineChapitre 44 sur 180 · LIVRE II 7S · texte numérisé non relu

LIVRE II 7S

puis la représentation plus importante des éléments fran* çais et russe dans l'administration étrangère des douanes impériales chinoises. Dès rémission de l'emprunt^ M. Ha- Dotaux et M. Witte, ministre des Finances de Russie, s'étaient entendus sur la création de rétablissement financier dont M. Germain, président du Crédit Lyonnais, admit et favorisa aussitôt le projet. Peut-être dans la première exécution la part, au moins apparente, fut-elle faite trop large au nom russe. L'établissement, qui s'appela d'abord la Banque Russo-Chinoise, eût sans doute gagné à garder, au moins par moitié^ l'étiquette française. La Banque n*en servit pas moins l'intérêt français, et plus tard les imperfections de l'origine furent corrigées et amendées par l'entente qui se fit, pour l'exploitation financière, entre la Banque Russo- Chinoise (appelée à devenir la Banque Russo-Asiatique) et la Banque de l'Indo-Chine qui, purement française et dotée du privilège d'émission, devint en Chine, grâce à l'extension de ses statuts, le véritable instrument de notre crédit. Quant à la représentation de l'élément franco-russe dans l'état-major étranger de l'administration des douanes chinoises, où l'élément anglaia était démesurément prépondérant, elle était d'autant plus légitime et nécessaire que la France et la Russie venaient, par leur intervention après la paix de Shimonoseki et par la conclusion de l'emprunt, de rendre à la Chine des services qui ne pouvaient être méconnus. Sir Robert Hart, inspecteur général des douanes, dut, sur l'invitation du Tsong-li ya-men qui avait le contrôle de ses services, nous faire une part plus équitable. Après quelque résistance, que je m'appliquai résolument à fléchir, il finit par s'exécuter, sinon de très bonne grâce, du moins avec loyauté. Quelques administrateurs français furent promus * aux

grades supérieurs, et les eiamens selon lesquels se faisait jusqu'alors Tadmission au service furent modifiés de façon à ce qu'il fût tenu plus de compte des candidats français munis déjà en France même de diplômes très supérieurs à ceux qu'avaient la plupart des candidats étrangers précédemment admis.

Je m'étais préoccupé, dès la signature des deux conventions du 20 juin, d'assurer aussitôt que possible l'exécution des diverses clauses, et notanmient de la clause relative à la remise et occupation effective des territoires reconnus à l'Annam par la convention de délimitation et la carte y annexée. J'étais d'autant plus fondé à hâter l'exécution de ces clauses qu'il y avait lieu de prévoir que de nouveaux efforts seraient tentés et qu'une nouvelle pression serait exercée sur le gouvernement chinois pour contester, ou, tout au moins, retarder la remise et livraison desdits territoires. Je ne m'étais pas trompé dans mes prévisions. Le Tsong-li ya-men m'avait tout d'abord affirmé que les instructions étaient données et les mesures prises pour qu'il fût procédé sans délai à la remise. Des arrangements avaient été concertés, par l'entremise de la Légation et du Tsong-li ya-men, entre le gouvernement général de l'Indo-Chine et les autorités chinoises de la frontière. Choix avait été fait et notifié des fonctionnaires chargés de part et d'autre de procéder à l'accomplissement des formalités nécessaires. Ce n'est qu'à la date du 19 juillet et dans un entretien que j'eus ce môme jour avec les ministres du Tsong-li ya-men, que je m'aperçus qu'if y avait dans leur manière et dans leur langage quelque embarras et réticence. Comme je priais en effet les ministres de me confirmer leurs déclarations antérieures sur la désignation des fonctionnaires chinois et la date à la-

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