‹ Ma mission en ChineChapitre 5 sur 180 · INTRODUCTION XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXVII

le nombre des Missions transformées en évêchés. Les Missions, au lieu de conserver la faculté que leur assuraient les traités de s'établir dans toute la Chine, pourvu que les missionnaires eussent reçu de la Légation de France le passeport nécessaire, se seraient vues circonscrites et parquées dans un petit nombre de provinces. Les évêques, les églises, les écoles, etc., etc., auraient dû, comme dans tous les pays de hiérarchie, être soumis au contrôle des autorités indigènes. La prétendue régularisation et consécration de l'Église en Chine eût été la limite posée à son développement et l'impossibilité pour elle de recourir encore à la puissance protectrice dont le gouvernement chinois se serait cru en devoir de décliner l'intervention. Les événements qui suivirent, les périls auxquels, pendant la guerre sino-japonaise, les Missions se trouvèrent exposées dans certaines provinces, la redoutable explosion qui éclata, au printemps de 1895, sur le Yang-tseu et dans le Sseu-tch'ouan, achevèrent une démonstration qui, à mes yeux, était déjà suffisante au mois de juin 1894. Le protectorat très efficace que la Légation de France put exercer pendant toute la durée de ma mission, les résultats obtenus de 1894 à 1897 durent, je pense, convaincre le Saint-Siège que l'heure n'était pas venue de tenter, dans le régime de l'Église en Chine, des innovations que les vicariats apostoliques étaient unanimes à repousser. Il n'a plus été question, depuis lors, du projet qui pendant quelques années avait hanté le grand et puissant esprit de Léon XIII, et qui sans doute lui apparut désormais comme un rêve prématuré.

A peine cependant avais-je mis les fers au feu et tout préparé pour l'exécution de ma tâche que se formait, dans le ciel de TExtrême-Orient et dans le pays dit du Matin Calme, en Corée, un nuage d'où allait sortir une terrible tempête. La Corée, malgré son nom idyllique, était coutumîère de ces troubles et orages éclatant sur son horizon. Mais la menace^ cette fois, était singulièrement plus grave. Il est temps de relater ici comment, dans les derniers mois, avait couvé le foyer de l'incendie qui ne tarda pas à embraser toute l'Asie orientale.

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