‹ Ma mission en ChineChapitre 60 sur 180 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

principal secrétaire du Prince au bureau des Affaires militaires.

La première pensée du gouvernement chinois, après ce rétablissement des relations diplomatiques entre les deux cours, avait peut-être été de placer, non à Pékin même, mais à Tien-tsin, le siège des négociations qui devaient être conduites entre les deux gouvernements sur les con-

ditions de rétrocession du Leao-tong et sur le nouveau traité de commerce. C'est dans ce but que la négociation paraissait devoir être réservée au vice-roi du Tche-li, Li Hong-tchang, et au mandarin qui, depuis son départ pour Shimonoseki, avait fait l'intérim de la vice-royauté. Mais le gouvernement japonais ne l'entendait sans doute pas ainsi. S'il acceptait que Li Hong-tchang continuât, pour les négociations nouvelles qu'il y avait lieu d'entreprendre^ l'exercice du mandat qui lui avait été déjà confié à Shimonoseki, c'était à condition que Li Hong-tchang fût directement rattaché au gouvernement de Pékin et appelé dans la capitale, seul lieu où, d'après l'avis des hommes d'État de Tokio, pussent être négociés et signés des actes d'une telle importance. M. Hayashi, après avoir hien étudié la situation pendant les premières semaines de son séjour, estimait de son côté que c'était à Pékin que les négociations devaient avoir leur siège, et que Li Hong-tchang ne pouvait en être chargé que s'il était appelé et retenu à Pékin par une désignation définitive et régulière. Tel est précisément le sens, tel est le but qu'avait le décret impérial du 23 août mandant Li Hongtchang à Pékin.

Ce n'est que le 26 septembre cependant, et après que M. Hayashi eut, le 16 du même mois, expressément demandé la nomination d'un plénipotentiaire chargé de

négocier avec lui le nouveau traité de commerce, qu'un décret impérial, rendu par les commandements de l'Impératrice douairière et de l'Empereur, désignait enfin Li Ilong-tchang. M. Hayashi avait, dans l'intervalle, reçu du nouveau secrétaire de sa Légation, M. Uchida, qui venait d'être transféré de Londres à Pékin, le projet du traité qu'il avait mission de soumettre au gouvernement chinois. Le 30, s'ouvrait au Tsong-li ya-men la première conférence entre les deux plénipotentiaires.

Mais, avant même que la négociation proprement dite se fût engagée, le même Li Hong-tchang était, par un décret en date du 11 octobre, désigné à nouveau comme plénipotentiaire du gouvernement chinois pour un autre et plus pressant objet, je veux dire pour la négociation et la signature de l'Acte additionnel destiné à consacrer entre la Chine et le Japon les conditions de rétrocession de la presqu'île du Leao-tong et des territoires de la Mandchourie méridionale mentionnés à l'article II, paragraphe a) du traité de Shimonoseki.

Cette dernière négociation et conclusion n'était, il est vrai, que l'accomplissement d'une simple formalité, toutes les conditions de la rétrocession desdits territoires ayant été longuement discutées à Tokio entre le gouvernement japonais et les représentants des trois puissances, France, Allemagne et Russie, et l'accord s'étant fait entre eux aux termes d'un protocole dont le texte, fixé le 7 octobre, fut le 19 du même mois revêtu des signatures finales. Il était entendu entre le gouvernement japonais et les représentants des trois puissances que les territoires ci-dessus désignés seraient rétrocédés moyennant une compensation de 30 millions de taêls, et évacués dans les trois mois suivant le paiement de cette somme. Le gouvernement

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