‹ Ma mission en ChineChapitre 63 sur 180 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

reprises après les fêtes du commencement de Tannée chinoise, furent particulièrement laborieuses et pénibles et se prolongèrent jusqu'à la seconde moitié du mois de juillet. M. Hayashi, qui m'entretenait souvent des difficultés auxquelles il se heurtait, se vit parfois placé devant le danger d'une rupture ou la nécessité d'une sorte d'ultimatum. Les articles sur lesquels se portait le plus opiniâtrement la résistance du gouvernement chinois étaient les articles relatifs à la navigation côtière, au droit de commutation des likin, à la liberté des industries étrangères en Chine, mais surtout l'article relatif à la juridiction consulaire. Au mois de juin 1896, après la formation à Tokio du nouveau cabinet Matsukata-Okuma, M. Hayashi recevait du comte Okuma l'instruction de remettre au gouvernement chinois un nouveau projet, réduit à vingt-neuf articles au lieu de quarante, et d'où étaient éliminées les stipulations concernant la navigation côtière, le droit de comutationdes likin, les entrepôts et magasins privilégiés. M. Hayashi avait ordre, en revanche, d'insister énergiquement pour la juridiction consulaire et le droit de manufacture, les Chinois n'obtenant, au lieu de la réciprocité de juridiction qu'ils réclamaient, que la protection générale des personnes et des biens de leurs nationaux résidant au Japon, et le gouvernement japonais déclarant que le droit de manufacture, déjà inscrit dans l'article VI du traité de Shimonoseki, n'avait plus à faire l'objet d'un article spécial du nouveau traité à conclure. Le plénipotentiaire chinois, selon les instructions expresses données par le grand Conseil, livra encore un dernier combat pour repousser le droit de juridiction consulaire réclamé par le Japon ou, du moins, pour obtenir la réciprocité de ce droit en faveur des consuls de

Chine établis au Japon. Mais le droit de juridiction consulaire sans réciprocité, c'est-à-dire l'assimilation complète du Japon, à cet égard, aux puissances de rOuest, était la conquête à laquelle le gouvernement japonais attachait le plus de prix, et à laquelle il ne pourrait, en aucun cas, renoncer. Après une nouvelle et désespérée tentative, le gouvernement chinois dut s'incliner. Le traité fut signé le 21 juillet, tel que M. Ilayashi l'avait présenté et maintenu.

Il avait été convenu que le traité, ainsi conclu, serait ratifié dans les trois mois de façon à ce que, si toutes autres clauses étaient d'ailleurs exécutées, les troupes japonaises pussent à cette date évacuer le territoire de Wei-hai-wei qu'elles occupaient depuis le mois de janvier 1895. Dans l'intervalle entre la signature même du traité et la date prévue pour la ratification, M. Hayashi eut à faire au Tsong-li ya-men de vigoureuses représentations pour que les différents points de l'article VI du traité de Shimonoseki qui n'avaient pas encore reçu d'application fussent désormais et sans retard exécutés. Il eut, en outre, à protester, et dans les termes les plus catégoriques, contre l'incorrection des règlements de navigation promulgués par le gouvernement chinois, contre les retards apportés à l'organisation des concessions japonaises (settlements) dans les nouveaux porls ouverts, et surtout contre l'imposition par les autorités chinoises d'une taxe de 10 pour 100 sur les objets sortant des manufactures, alors que le gouvernement japonais s'était précisément opposé à la création d'une taxe pareille.

Lorsque approcha la date fixée pour la ratification du traité de commerce signé le 21 juillet, les différents points ci-dessus n'ayant pas encore été réglés, M. Hayashi dut

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