‹ Ma mission en ChineChapitre 87 sur 180 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

communication, en venait à penser, d'acord avec nos compatriotes, que la solution la plus naturelle et la plus indiquée était, conformément aux précédents, de revenir au régime qu'avait inauguré son illustre prédécesseur, le vice-roi Tso, c'est-à-dire à l'administration d'un haut commissaire impérial assisté d'un état-major étranger, dans l'espèce français. Le rapport du vice-roi Pien parvint fort opportunément à Pékin, le lendemain des premiers entretiens que j'avais eus avec le prince K'ing, et lorsque, de Paris, Li Hong-tchang qui venait d'y arriver et le ministre de Chine insistaient auprès du Tsong-li ya-men, à la demande de M. Hanotaux, pour que, comme un nouveau gage des relations devenues si confiantes entre la France et la Chine, l'arsenal de Fou-tcheou, créé par nous, nous fût en quelque sorte rendu. Le contreamiral de Beaumont étant venu, sur ces entrefaites, me faire à Pékin, avec quelques-uns de nos officiers, la visite qu'il m'avait depuis longtemps promise, les princes Kong et K'ing et le Tsong-li ya-men saisirent cette occasion évidemment favorable pour m'annoncer une décision qui gagnait encore à nous être notifiée en un pareil moment. C'est en effet le jour où nous nous étions rendus, l'amiral et moi, au Tsong-li ya-men, pour faire visite aux princes et aux ministres, le 28 juillet, que le prince Kong, dans les termes les plus délicats, nous dit combien le gouvernement chinois se félicitait de renouer les traditions de 1866-74 en faisant appel, pour la reconstitution de l'arsenal de Fou-tcheou, désormais placé sous la direction du maréchal Yu-Lou, haut commissaire impérial, à des ingénieurs, officiers et professeurs français, qui continueraient ainsi l'œuvre de MM. Giquel et d'Aiguebelle. Le lendemain 29, une dépêche officielle me confirmait cette réso-

lution, et ajoutait que c'était au maréchal Yu-lou qu'il appartiendrait de s'entendre avec nous pour les mesures executives à prendre, les contrats à conclure et les engagements à faire.

Il nous parut, au contre-amiral de Beaumont et à moi, après avoir fait connaître aux ministres des AfTaires étran> gères et de la Marine l'heureux résultat intervenu, que la méthode la plus pratique, la plus prompte, et en même temps la plus conforme aux précédents, pour traiter et régler tous les détails d'exécution, était de mettre en rapports avec le maréchal Yu-lou, d'une part le vice-consul de France, qui aurait nos instructions à cet effet, de l'autre un représentant de notre marine à qui Tamiral donnerait de même les instructions nécessaires. Ce représentant ne pouvait être que le commandant même de V Alger, le capitaine de vaisseau Boutet, qui déjà au printemps de cette année avait visité et étudié l'arsenal et s'était personnellement rendu compte de tout ce qu'il y avait à faire pour le réorganiser. Cette procédure ayant reçu l'assentiment de notre gouvernement, comme du gouvernement chinois, le commandant Boutet, que j'eus l'occasion de voir même à son bord, au commencement de ma croisière dans le golfe du Petchili, et avec qui je pus m'entretenir à loisir des questions qu'il allait avoir à résoudre, se rendit à Fou-tcheou, où notre vice-consul, M. Paul Claudel, avait, dans l'intervalle, reçu de moi les directions et instructions requises. Les négociations entre le commandant Boutet et M. Claudel d'une part, le maréchal Yu-lou de l'autre, s'engagèrent à bord même de V Alger, Elles durèrent du 10 septembre au 7 octobre et aboutirent, le il de ce même mois, à la signature entre le maréchal Yu-lou et les représentants français d'un con-

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