‹ Ma mission en ChineChapitre 88 sur 180 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

trat rédige sur le modèle des contrats passés en 1866 entre le Vice-Roi et M. Giquel et comprenant, outre un programme et un devis général d'exécution, la liste du personnel français à engager et l'état des traitements à allouer aux différents membres de la mission. Le personnel comptait un ingénieur-directeur, un ingénieur sousdirecteur, un ingénieur métallurgiste, un chef du bureau des dessins, un secrétaire du directeur, un professeurdirecteur de l'école (M. Médard) et cinq contremaîtres. L'ensemble des traitements s'élevait au chiffre de 21 000 francs par mois (242 000 francs par an). La durée du contrat était de cinq ans, avec faculté de renouvellement. L'école comprenait une école supérieure et une école de maistrance, étant entendu, en outre, que si une école proprement navale devait être créée, elle serait de même confiée à une direction française. C'étaient les Chinois qui avaient spécialement insisté pour la création du poste d'ingénieur métallurgiste, auquel ils se proposaient de réserver, outre ses travaux techniques de l'arsenal, l'étude des gisements miniers de la province.

Ainsi revenait entre nos mains, dans les meilleures conditions, la direction technique de l'arsenal créé par nous en 1866. Il avait fallu un concours de circonstances singulièrement heureux et un changement profond dans l'état des relations entre la France et la Chine pour que, douze ans après le bombardement par l'escadre du viceamiral Courbet de l'arsenal de Fou-tcheou, le gouvernement chinois en confiât de nouveau à un personnel français la direction technique et professionnelle. Le gouvernement français recueillait là un résultat presque inattendu, et qui eût au premier abord paru à peine possible, de la politique désormais adoptée à l'égard de la Chine.

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Il convient de reconnaître, d'autre part, la générosité Avec laquelle le gouvernement chinois se prêta si galamment à renouer une tradition qui, malgré les événements 4e 1884, avait laissé au Fou-Kien de bons et durables souvenirs. La conclusion du contrat du 11 octobre 1896 fut scellée de la part du gouvernement français, par la collation au maréchal Yu-lou de la commanderie de la Légion d'honneur.

La Chine, après la grave alerte de 1884-85 et cette guerre du Tonkin qui l'avait inquiétée et éprouvée, avait, dans un premier mouvement de réforme, et pour accroître l'unité, la centralisation de son gouvernement, organisé dans tout l'Empire, en un délai relativement court, un réseau télégraphique, dont l'administration, d'abord confiée à une compagnie privée qui avait, il est vrai, pour chef un fonctionnaire, ne devait pas tarder à passer entre les mains de l'Etat. La réforme qui, après la guerre sino-japonaise, prit peu à peu le premier rang dans les préoccupations et les projets de la Chine, soit qu'elle en comprît elle-même la nécessité, soit que l'influence et les compétitions étrangères lui eussent servi d'avertissement, ce fut celle des voies et moyens de communication entre les diverses parties de l'Empire. Le projet d'un grand réseau ferré avait été déjà conçu avant la guerre par les deux Vice- Rois les plus considérables de la hiérarchie mandarinale, Li Hong-tchang à Tien-tsin, Tchang Tche-tong, qui, en vue des lignes à construire «ntre Pékin, le Yang-tseu et le Sud, avait été transféré de Canton à Wou-tch'ang. Après la guerre, Tchang Tchetong, qui se posa résolument en partisan des réformes, et qui, dans son ouvrage-programme, intitulé K'iimn-hiop'ien (Exhortation à l'étude), ne craignit pas de proposer

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