‹ Ma mission en ChineChapitre 90 sur 180 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

contrat du 5 juin 1896 relatif au chemin de fer de Dongdang à Long-tcheou, puis de l'action concertée entre les gouvernements français et russe pour nous réserver dans cette question des chemins de fer chinois la part appelée à le mieux servir, en même temps que Tintérét de la Chine, celui de la politique franco-russe.

Avant toutefois que la ligne de Pékin à Han-keou et Canton ne fût entrée dans la période définitive et décisive, avant par conséquent que je n'eusse eu à revendiquer notre droit, une occasion s'était présentée de préparer, entre la ligne russe du Transsibérien et la Corée, un projet de réseau ferré dont il serait possible de nous assurer la concession, surtout étant donné l'arrangement intervenu entre les gouvernements russe et japonais sur les affaires coréennes par le protocole LobanofT-Yamagata, et l'apaissement qui en était résulté entre les prétentions rivales. Cette occasion nous fut très heureusement fournie par le séjour que M. Antoine Grille, ingénieur de la Compagnie de Fives-Lille, fut appelé à faire à Séoul, après avoir signé à Pékin le contrat de la ligne de Dong-dang à Long-tcheou et par les négociations qu'au nom de sa Compagnie il fut amené à engager avec le gouvernement coréen. M. Dujardin-Beaumetz, le représentant du Comité des Forges de France, cité plus haut à propos de sa mission à Fou-tcheou, avait précédé M. Grille en Corée et avait obtenu déjà du gouvernement coréen, grâce à l'appui de notre Légation, la concession provisoire d'une ligne de chemin de fer entre Séoul et Pingyang, avec faculté de prolongements ultérieurs jusqu'au Ya-lou d'une part, et, de l'autre, jusqu'à la frontière sibérienne. A cette concession, accordée sous la forme d'une option de six mois, était jointe la promesse de conces-

sions minières sur le parcours des lignes à construire. . M. Grille, continuant l'œuvre de M. Dujardin-Beaumetz,et d'accord avec lui, s'efforçait d'obtenir, d'abord une concession plus précise relativement à la ligne de Séoul à Ping-yang et au Ya-lou, puis la concession de lignes nouvelles, tant vers la frontière septentrionale de Sibérie que vers le Sud, vers Fu-san ou Mokpo. Contre toute attente il s'était heurté à l'opposition, non pas du gouvernement coréen, mais du ministre de Russie, M. Weber, qui, soit faute d'instruction, soit par crainte d'indisposer le Japon, soit même par défaut de sympathie envers nos projets, nous empêchait d'aboutir. Il fallut qu'averti par moi, M. Hanotaux intervînt auprès du gouvernement russe et exposât à ce dernier l'avantage que lui offrait cette faculté de raccorder le réseau chinois, mandchourien et transsibérien à la Corée, pour que M. Weber se résignât enfin à nous laisser agir. Mais, dans Tintervalle, le gouvernement coréen s'était de nouveau laissé influencer par le Japon et hésitait, d'autre part, à prendre des engagements dans la région voisine de la frontière sibérienne. M. Grille obtint du moins, après de vigoureux efforts, une concession plus régulière pour la ligne très importante de Séoul à Ping-yang, et de là au Ya-lou. Il laissa, de plus, entre les mains de M. Gollin de Plancy, notre chargé d'affaires à Séoul, une demande de concession de la ligne de Séoul à Mokpo. A tous ces projets étaient jointes des promesses de concessions minières. Lorsque M. Grille quitta la Corée pour rentrer en France par les États-Unis, l'industrie française avait des contrats en règle pour la jonction, par voie ferrée, de Séoul à la frontière du Ya-lou, ce qui rendait possible un raccordement ultérieur avec les réseaux chinois et transsibérien. Il y avait chance,

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