‹ Ma mission en ChineChapitre 92 sur 180 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

déjà fait ses preuves comme taotai des douanes de Tientsin, comme directeur de la « Compagnie des Télégraphes chinois », de la » China Merchants' Cy » et, plus récemment, des Forges de Han-yang. C'est ce taotai Cheng, en tout cas, qui, recommandé par les deux vice-rois, venait dans les derniers jours de septembre à Pékin pour soumettre au gouvernement impérial le plan d'un syndicat indigène auquel pourrait être confiée la construction de la ligne de Lou-keou-k'iao à Han-keou. Reçu en audience par l'Empereur le 49 octobre, le taotai Cheng fut, dès le lendemain, sur la proposition des deux vice-rois, nommé directeur général (tou-pan) de la « Société générale des chemins de fer », et élevé, à cette occasion, au grade de King-t'ang de 4* classe. Le môme jour la Gazette de Pékin enregistrait cette nomination. Aux termes d'un rapport présenté au trône le 12 octobre par le taotai Cheng, et dont le décret impérial du 20 avait approuvé les conclusions, la combinaison substituée au plan primitif du mois de décembre 1895 était la suivante. C'était bien à une compagnie indigène et pri\^e que demeurait confiée la construction de la ligne de Lou-keou-k'iao à lian-keou,mais la direction en était remise à un fonctionnaire d'un rang relativement élevé, le taotai Cheng, et le capital, fixé provisoirement au chiffre de 40 millions de taëls, devait être réparti entre le Trésor de l'Etat qui fournirait une somme de 10 millions de taëls, les commissaires impériaux des ports du Nord et du Sud qui apportaient à eux deux 3 millions de taëls, et une compagnie de capitalistes chinois contribuant une somme de 7 millions de taëls. Les 20 millions de taëls restant pourraient être demandés aux capitaux étrangers. Le taotai Cheng avait toutefois exprimé lui-même, à cet égard, l'avis que ladite

somme ne devrait être demandée qu'aux capitalistes dune nation n'ayant pas d'ambitions politiques en Chine, telle que les États-Unis, ou neutre, telle que la Belgique.

Le taotai Cheng, investi de la direction générale de la Compagnie, et seul chargé de toutes les négociations qu'il y aurait lieu d'engager, s'était d'abord mis en rapports avec un syndicat américain dont le représentant, M. Bash, lui avait déjà fait des olTres. Il ne déclinait pas, d'ailleurs, les propositions qui lui venaient de financiers anglais et allemands, avec cette réserve toutefois que ni les légations ni les consulats des puissances étrangères n'eussent à intervenir dans les négociations en cours. Mais surtout, et conformément à un plan que d'Europe déjà, et plus récemment, depuis son retour en Chine, Li Hong-tchang lui avait fait connaître, le taotai Cheng sondait les intentions du nouveau ministre de Belgique, le baron de Vinck, qui venait d'arriver à Pékin et qui était autorisé à poursuivre en Chine les entretiens que le roi Léopold II avait eus à Bruxelles avec Li Hong-tchang sur les conditions dans lesquelles l'industrie et la finance belges pourraient concourir à la construction de la ligne de Lou-keou-k'iao à Han-keou.

J'avais eu naturellement l'écho des bruits et rumeurs qui couraient sur les projets attribués au taotai Cheng, et j'avais pu, non sans peine, me procurer une copie du rapport du 42 octobre dont le décret impérial du 20 avait approuvé les conclusions. Mais c'est par le baron de Vinck lui-môme que je fus, le 22 novembre, directement instruit des pourparlers que, dans les premiers jours de ce même mois, le taotai Cheng avait ouverts avec lui et des propositions qu'il lui avait faites. Le taotai Cheng avait demandé au baron de Vinck si les établissements Cockerill

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