‹ Ma mission en ChineChapitre 93 sur 180 · LIVRE 111 HT · texte numérisé non relu

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(de Seraing), qui avaient déjà fait des avances assez consi-^ dérables d'argent aux Forges de Han-yang, ou, à leur défaut, d'autres établissements belges seraient disposés à prêter à la Compagnie du chemin de fer de Lou-keouk'iao à Kan-keou, une somme de 100 millions de francs,, garantie par le crédit de la Compagnie et le matériel même* de la ligne, étant entendu qu'à égalité de prix c'est à la. Belgique que seraient empruntés de même le matériel qui ne pourrait pas être construit en Chine et le personnel des ingénieurs.

Le baron de Vinck avait su, dès son arrivée à Pékin, la position que j'avais prise dans la question des chemins de fer, en me fondant sur l'article 7 de notre traité de 4885. Il n'ignorait pas davantage la solidité de la situation diplomatique que les Légations de France et de Russie s'étaient faite. Il avait enfm, outre ses sympathie» personnelles et très sincères envers la France et la Russie où il avait fait une partie de sa carrière, le sentiment et l'instinct très justes que la Belgique ne pourrait vraisemblablement assumer la tâche qui lui était offerte et risquer l'entreprise si elle ne trouvait chez certaines puissances, et plus naturellement chez celles avec qui elle avait déjà les liens politiques, industriels et financiersles plus étroits, l'appui dont sans nul doute elle aurait besoin. C'est dans ce sentiment qu'il se confiait à moi,, bien convaincu, d'ailleurs, qu'il se heurterait à une vigoureuse résistance de notre part si, en s'adressantà d'autre& qu'à nous, la Chine faisait mine de ne pas respecter lesdroits que nous tenions des traités. Aussi, et dès qu'il sut, dans les derniers jours du mois, par les télégrammes^ qu'il attendait de Bruxelles, que son gouvernement et les établissements belges étaient, en principe, disposés à

accueillir les offres du taotai Cheng, s'ouvrit-il à moi, en confidence, de la pensée qui lui était venue que peut-être il y aurait lieu, pour nos deux pays et nos deux gouvernements, dans les circonstances présentes, vu les titres et droits que la France pouvait faire valoir, et les offres déjà faites à la Belgique par la Chine, de s'associer, de s'unir et de se réserver ainsi Toctroi d'une concession que nos rivaux, de leur côté, convoitaient et se disputaient. C'est dans les premiers jours de décembre que, sur l'initiative prise ainsi par mon collègue de Belgique, nous commençâmes à échanger nos pensées.

Il me parut, après un examen attentif, qu'étant données la répugnance du gouvernement chinois à faire appel, pour la construction de ses chemins de fer, à l'industrie et aux capitaux des grandes puissances, les objections et difficultés déjà élevées contre l'article 7 de notre traité de 4885 qui ne constituait pas un droit exclusif en notre faveur, les négociations entamées depuis plusieurs mois, d'abord à Bruxelles entre le roi Léopold II et Li Hongtchang, puis en Chine même, entre M. de Vinck et le taotai Cheng, la combinaison d'une association, d'une collaboration franco-belge était peut-être la meilleure manière de tourner l'obstacle, de nous soustraire à l'interdit auquel la Chine prétendait nous réduire, de nous assurer à la faveur de la neutralité belge, sinon la totalité, du moins une bonne partie de la concession considérable que nous avions tant d'intérêt à ne pas laisser nous échapper. La participation belge, outre qu'elle nous garantirait contre le grief qui pourrait nous être fait d'avoir, au mépris même de l'article 7 du traité de 4885 invoqué par nous, recherché un avantage exclusif, ne serait pour nous ni une gêne, ni une renonciation à nos

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