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LIVRE III

Ya-lou et, vers le sud, à Mokpo, il me sera permis de dire que la France avait, dans la question des chemins de fer de Chine, pris avec son alliée, la Russie, et avec la Belgique, son associée, la position vraiment prééminente. Cette première et décisive campagne se terminait pour nous par une incontestable victoire.

A l'heure où, par ces premières solutions données à la question des chemins de fer, nos intérêts économiques et financiers, comme ceux de la Russie, allaient prendre une extension nouvelle, il y avait avantage à donner à nos établissements en Chine, et d'abord aux quartiers ou concessions qui nous avaient été réservés dans les ports ouverts, à Tien-tsin, à Shanghai, à Han-keou, une stabilité ou même, s'il était possible, un développement plus considérables. Je pus, après un accord avec mon collègue de Russie qui, d'ailleurs, ne fut, ni pour lui ni pour moi, sans difficulté, régler, à la commune satisfaction des deux pays, le partage et la délimitation entre la France et la Russie de la concession de Han-keou. Cette concession nous avait été accordée en 4865, mais nous n'en avions fait que peu d'usage. Le seul immeuble qui nous y appartînt était la maison même du consulat. Sur le reste des terrains s'étaient peu à peu installés des étrangers. Anglais, Russes, Belges, etc., etc. Lorsque les Russes, en 1896, à la demande des grandes maisons de thé de leurs nationaux, voulurent établir une concession à Hankeou, leurs regards s'étaient jetés sur la concession française à peu près inoccupée, et où nous n'avions fait aucun travail de quai, de voirie, aucun acte de possession et d'administration. Il ne nous était pas possible toutefois, au moment même ou une société franco-belge obtenait la construction et l'exploitation de la grande ligne ferrée de

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Lou-keou-k'iao à Han-keou, de faire ainsi abandon de cette concession de Han-keou qui était justement à la veille d'acquérir pour nous toute sa valeur et toute son importance. J'entrai donc en négociation avec mon collègue de Russie. Nous convînmes, sous réserve de l'assentiment de nos gouvernements, de diviser l'ancienne concession française, dont l'étendue était d'environ un kilomètre sur le quai du Yang-lseu et de 350 mètres en profondeur, en deux parties, étant entendu que les deux tiers du quai seraient laissés à la Russie, dont les nationaux avaient déjà individuellement acquis la majeure partie des terrains. »Nous pûmes d'ailleurs, grâce à la bonne volonté des autorités chinoises et du Tsong-li ya-men, regagner la surface perdue par le consentement que les autorités chinoises donnèrent à l'extension des deux concessions française et russe au nord du fleuve jusqu'à la muraille de la ville indigène. Notre accord, ratifié par nos gouvernements, fut sanctionné de même par le Tsong-li ya-men. Le consul général de France à Sanghai et le consul de Russie à Tien-tsin furent délégués pour procéder à Hankeou, avec l'autorité chinoise, aux opérations de délimitation, d'allotissement et de vente des terrains, ainsi qu'à la rédaction des règlements administratifs et à la préparation des arrangements à concerter pour la construction des quais et la mise en valeur des deux concessions. Dans l'été de 1896, tous ces travaux étaient déjà fort avancés : ils furent achevés au printemps de 4897. En ce qui concerne notre concession de Shanghai, le principe de l'extension du quartier spécialement placé sous l'administration française avait été posé dès le 19 mars 1896, en même temps que le principe de l'extension du c Foreign settlement » (concession inter-

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