LIVRE III
nationale), à la suite d'une décision prise par la réunion du corps diplomatique de Pékin. Le doyen du corps diplomatique, M. le colonel Denby, avait, par une dépêche officielle, accompagnée de cartes et de plans, réclamé pour raisons de salubrité, d'hygiène, de police et d'économie administrative, l'extension des deux concessions, étant bien entendu que ces deux extensions devaient être accordées simultanément. L'extension de la concession française devait comprendre le faubourg de Tong-kadou, sis sur la rive gauche de la rivière Houangp'ou, les terrains nommés Pa-sien-K'iao (Pasienjo), dans l'espace sis entre le champ de courses et le nouveau cimetière, la route de Zikawei dite route française et la route à ouvrir entre le champ de courses et la Zikawei Road. Le Tsong-li ya-men ayant, au mois de novembre 1896, décliné notre proposition, le doyen du corps diplomatique avait, par dépêche officielle, répondu que le corps diplomatique, ne pouvant admettre la fin de nonrecevoir du gouvernement chinois, se réservait de reprendre la question, soit individuellement, soit en corps. Ce n'est qu'au commencement de l'année 1900, après une négociation assez laborieuse entre les gouvernements français et anglais, que devait être définitivement agréée et décidée cette extension de notre concession, dont nous entrâmes en possession le 1*' mars de celte année. Pour ce qui regarde notre concession de Tien-tsin, le gouvernement britannique ayant obtenu des autorités chinoises, au commencement de 1897, l'extension, sinon de la concession anglaise établie en 1860, du moins des règlements de cette concession au territoire chinois, d'une étendue de 1380 mou, sis entre cette concession et la ville indigène, je réclamai le même avantage
pour une étendue égale de 4380 mou, c'est-à-dire Tapplication de nos règlements municipaux au territoire chinois sis entre notre concession, au nord et à Touest, et la ville indigène. Ce fut là le premier stade d'une extension proprement dite qui nous fut accordée par la suite, et dont l'effet a été de donner un accroissement considérable à cette concession.
J'avais, d'autre part, poursuivi, au cours de l'année 1896, le règlement des affaires religieuses et de Missions dont j'avais, dès mon arrivée à Pékin, annoncé au Tsong-li ya-men que je réclamerais sans relâche l'entière liquidation. La Mission du Kouei-tcheou avait obtenu déjà un commencement de réparation par la mise en liberté des chrétiens indigènes injustement détenus depuis 1886. Mais il restait à faire réintégrer nos missionnaires dans les villes de Tsouen-yi, Houang-pin, Yu-kin-hien, Kei-tcheou, Mey-tan, d'où ils avaient été indûment expulsés, et où leurs résidences avaient été détruites. Nos missionnaires avaient droit, en outre, à une réparation pécuniaire pour les pertes et dommages qu'ils avaient subis. J'avais enfin, à force d'instances, décidé le Tsong-li ya-men à désigner trois délégués, dont le trésorier même de la province, le Mandchou Wen-hai, pour négocier avec le vicaire apostolique de la Mission, Mgr Guichard, le règlement des punitions, réparations et indemnités nécessaires. Le 31 avril intervenait entre le vicaire apostolique et le trésorier Wen-hai, qui venait d'être nommé résident impérial au Thibet, un contrat en vertu duquel une somme globale de 30000 taëls était accordée à la Mission comme indemnité de ses pertes et dommages. Les Chinois coupables de meurtres, destructions et sévices, étaient sévèrement punis. Les missionnaires enfin étaient