‹ Ma soeur et ma place; comédie-vaudeville en un acteChapitre 10 sur 27 · MIRA · texte numérisé non relu

MIRA

Et les femmes qu'en pensc-t-il?

ANDBÉ.

11 jur' de fuir toutes les belles Il veut partir pour je n' sais où Il dit que les Allemand' sont cruclie.-i Vous voyez bien qu'il est amoureux fon.

MINA. N'avez-vous que ces preuves-là?

ANDRÉ. J'en ai bien d'autres encore. {A part.) Faut l'attendrir à présent. (Haut.) Vous savez que pendant sa convalescence vous lui lésiez porter ses repas dans sa chambre...

MINA. Eh bien?

ANDRÉ. Eh bien! ces tranches de fliet... ces ailes de volaille .. vous croyez qu'il les mangeait?

MINA. Sans doute.

ANDRÉ, p/éuranf. Du tout! c'était moi... oui tous ces morceaux succulents, je m'en nourrissais... et ensuite j'étais encore Ibrcé d'aller diner à l'office... ahl faut bien aimer son maître., pour faire de ces excès-là!

MINA. Mais qu'y puis-je?.. s'il est vrai qu'il soit amoureux!

ANDRÉ. Vous y pouvez beaucoup... mon maître et moi nous ne nous ressemblons pas.. . c'est pas pour le physique que je dis ça... nous ne nous ressemblons pas... moi je suis Françai^jusqu'au bout des ongles et par conséquent l'être le plus dangt toux possible auprès des femmes.

MINA. 7iant. Nous voyons ça... après...

ANDRÉ. La nature m'a ainsi fait... je ne doute de rien... j'vas comme une corneille qui abat des noix... et j'en abats... mais mon maître, il traite les femmes comme des colombes, il a toujours peur delesejBfaroucher... et pourtant s'ilvoulait!.. ça serait un fameux vautour! {A part.) Comm' j'ai la parole en main.

MINA. Allez , au fait !

ANDRÉ. Le voici le fait : mon maître vous aime et voudrait vous donner la main... mais il n'ose pas vous ouvrir son cœur.

MINA , à part. S'il était vrai !

ANDRÉ; à part. Elle est attendrie...

MINA, rîa7it. Ah! ah! ah! pas possible!

ANDRÉ, à part. Oui... va... ris, je connais ce jeu-là!

MINA. Et il vous d chargé de me le dire?

ANDRÉ. Non pas... mais persuadé que madame est trop bonne pour vouloir causer le malheur d'un jeune homme intéressant... j'ai pris sur moi de l'instruire de ce qui se passe. [A part.) En voilà de l'aplomb !

MINA. Monsieur André, j'ai bien voulu ne pas me fâcher de votre bizarre confidence ; j'aime à croire que l'intérêt que vous portez à votre maître vous|a guidé... mais je vous défends de revenir sur ce sujet, car je me fâcherais... entendez-vous...

ANDRÉ. Oui, madame. (A part.) Elle se fâcherait, en attendant, elle ne se fâche pas. (^Haut en apercevant Ernest.) Madame le voici qui vient de ce côté, parce qu'il vous cherche. [Mina le regarde sévèrement.) Je n'irai pas plus loin. [A part.) Elle fait la petite bouche, mais s'il ne lui plaisait pas, elle m'aurait répondu : « vous êtes un impertinent et je vais vous faire jetter à » la porte. »

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