RETOUR A LEIPZIG
et de la caisse. D’après ses calculs, je pus constater que j avais d’abord à payer de ma poche quelques écus et deniers pour contenter les musiciens auxquels, dans mon généreux enthousiasme, j’avais promis de magnifiques honoraires; je devais donc m’acquitter. Je priai alors Mme Gotschalk, une juive de toute confiance, de m’aider de ses conseils dans ces affaires importantes. Elle déclara qu’un secours extraordinaire était de rigueur et que sans doute mes connaissances riches de Leipzig ne me le refuseraient pas. En attendant, elle entreprit fort judicieusement de calmer mes autres créanciers, dont la venue intempestive lui paraissait ridicule ; mais ce ne fut pas sans peine qu’elle réussit à rendrç praticable le corridor qui menait à ma chambre.
La saison théâtrale était achevée, la société allait se disperser et moi j’étais débarrassé de mon poste. Le directeur du théâtre avait passé de la banqueroute chronique a la banqueroute aiguë. En guise de paiement, il distribuait du papier, c’est-à-dire des feuilles entières de coupons pour des représentations qui, assurait-il, auraient lieu plus tard. Minna, toujours pratique, réussit à tirer quelque parti de ces singuliers bons de trésor. Econome et prévoyante, et restant à Magdebourg par le fait que la troupe d’opéra seule était disloquée et que les membres de la comédie (dont elle était) continueraient de jouer à leur compte, elle me laissa partir pour Leipzig, en souhaitant amicalement de me revoir bientôt. Elle me promit de me faire une visite lorsque à son congé, assez prochain, elle irait voir ses parents à Dresde.
Au commencement de mai, je me réfugiai donc une