‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 142 sur 285 · RETOUR A MAGDEBOURG · texte numérisé non relu

RETOUR A MAGDEBOURG

tion d’attirer une des « étoiles » dans mes filets. Mais j’eus l’œil assez sûr pour distinguer une jeune cantatrice, Mlle Limbach, qui tenait un petit rôle de travesti avec un talent qui promettait. Elle accepta mes offres et parut même si pressée de se libérer de son engagement de Francfort qu’elle résolut de partir sans prévenir personne. Seulement il fallait que ce fût en cachette ; c’est ce qu’elle m’expliqua en me demandant de l’aider sans délai à exécuter son projet, autrement la direction de Francfort en aurait vent. La jeune personne me croyait certainement en possession de richesses mises à ma disposition par le comité du théâtre de Magdebourg, dont je parlais avec tant d’éloges. Déjà, pour subvenir à mes propres besoins, j’avais dû mettre ir^es effets en gage et j’étais parvenu à m’arranger avec l’hôtelier ; mais quant à m’avancer de quoi effectuer l’enlèvement d’une actrice, il ne voulut pas en entendre parler. Pour excuser la conduite de ma direction, je déguisai la vérité en supposant un contretemps quelconque. En fin de compte, je dus laisser là cette jeune beauté, stupéfaite et furieuse.

Très confus de cette mésaventure, je retournai à Magdebourg, par la pluie et le vent. J’avais passé à Leipzig pour y chercher mon caniche brun. Le I er septembre, je reprenais mes fonctions de chef d’orchestre.

Les résultats de mon voyage ne me causèrent pas grand plaisir. Le directeur me prouva, il est vrai, triomphalement, qu’il avait fini par m’adresser cinq louis d’or à Francfort. A mon ténor et à ma jeune cantatrice on s’était contenté d’envoyer des contrats absolument en règle, mais sans ajouter l’argent du voyage et les avances

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