‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 143 sur 285 · IS 4 RÉUNION D’UNE BONNE TROUPE D’OPÉRA · texte numérisé non relu

IS 4 RÉUNION D’UNE BONNE TROUPE D’OPÉRA

promises. Aussi ne se présentèrent-ils ni l’un ni l'autre. Seul Graef, la basse de Carlsbad, apparut avec une exactitude de pédant et sa personne stimula aussitôt la verve des mauvais plaisants. Dans une répétition de la Famille suisse, son bourdon de maître d'école me mit dans une grande perplexité.

L’arrivée de mon beau-frère Wolfram et de ma sœur Clara, qui étaient de bons artistes, ne me servit pas à grand’chose, car leur genre était plutôt celui de l'opéracomique que celui du grand opéra. De plus, j'avais de sérieux soucis à cause d’eux. Ces braves gens, habitués à des situations bien ordonnées, ne tardèrent pas à s’apercevoir que, malgré la protection du roi, les affaires du théâtre de Magdebourg étaient en fort mauvais état. Il ne pouvait en être autrement sous une direction aussi peu scrupuleuse que celle de Bethmann. Mais, pour eux, c'était une pénible aggravation de leur position.

J'étais en train de perdre tout courage, lorsque le hasard nous amena une jeune femme, Mme Pollert, née Zeibig, cantatrice de talent douée d'une fort belle voix. Elle passait par Magdebourg avec son mari, qui était acteur, et s'y arrêta en tournée. Forcée par les exigences du théâtre, la direction s'était enfin décidée aux démarches requises et avait encore engagé le ténor Freimüller. Ma satisfaction fut d'autant plus grande que cet entreprenant artiste nous arriva en compagnie de la jeune Limbach. Il s'était subitement épris d'elle à Francfort et avait réussi dans l'enlèvement où je m'étais montré si inhabile. Ils débarquèrent donc ensemble à Magdebourg, rayonnants de bonheur.

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