‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 189 sur 285 · COLA RIENZI · texte numérisé non relu

COLA RIENZI

un accueil affectueux, j'entrais au paradis. Et la bonne influence calmante de cette heureuse famille n’agit pas seulement sur mon humeur, elle ranima aussi mon désir d’instruction qui avait sommeillé si longtemps. Ce désir de compléter mon savoir était entretenu vivement par la conversation sérieuse et intelligente de mon savant beau-frère. Tout en excusant mon mariage comme une faute de jeunesse, on me faisait comprendre, en termes qui n’avaient rien de blessant, que c’était une erreur réparable. Peu à peu mon esprit retrouva suffisamment d’énergie pour concevoir des plans de composition où n’entraient plus les considérations utilitaires qui m’avaient engagé à travailler pour certains théâtres de second ordre.

Pendant les jours pleins de soucis de mon étape à Blasewitz avec Minna, j’avais lu Cola Rienzi , le roman de Bulwer Lytton. Sentant mes forces renaître dans l’entourage réconfortant des miens, je formai le projet d’écrire un grand opéra d’après ce sujet qui m’avait charmé. Pour le début, il me fallait me conformer encore aux exigences des scènes de moyenne importance, mais je me proposai d’élargir à l’avenir le domaine de mon activité.

J’envoyai donc mon ouverture sur Rulc Britannia à la Société philharmonique de Londres et je cherchai à me mettre en rapport avec Scribe à Paris, à propos d’un motif que j’avais tiré du roman la Noble fiancée , de H. Konig. Je passai ainsi'le reste de cet été, dont j’ai conservé le plus affectueux souvenir. A la fin d’août, comme c’était décidé, je partis pour Riga. J’allai d’abord

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