SUR LA « THÉTIS ». — TEMPÊTE
témoignait une antipathie implacable. Cette aversion singulière de la part de ranimai, si bon d’habitude, devait encore nous causer des ennuis risibles au moment du danger.
Nous n’arrivâmes à Copenhague qu’après une navigation de sept jours. Sans descendre du navire, nous fîmes quelques provisions qui devaient nous rendre plus supportable la triste chère du bateau. De bon courage nous passâmes devant le beau château de Helsingor, dont l’aspect me rappela immédiatement mes impressions de jeunesse sur Hamlet; puis, toutes voiles dehors, nous traversâmes pleins d’espoir le Kâttégat et le Skagerrack. Mais un vent contraire força bientôt notre bâtiment à louvoyer et dégénéra subitement, le deuxième jour, en un violent ouragan. Pendant vingt-quatre heures, il nous fallut lutter contre la tempête et contre des souffrances nouvelles pour nous. Enfermés dans la cabine exiguë du capitaine, avec une seule couchette à notre disposition, nous devînmes la proie du mal de mer et des plus affreuses angoisses. Pour mon malheur, le tonnelet d’eau-de-vie où les matelots venaient de temps en temps puiser du cœur pour leur dure besogne, se trouvait sous le banc où j’étais étendu, et Koske était celui qui venait s’y réconforter le plus souvent. Or, chaque fois qu’il descendait l’échelle étroite de la cabine, Robber se jetait sur lui avec une fureur nouvelle et il en résultait une lutte à la vie et à la mort, qui provoquait chez moi les catastrophes du mal de mer les plus pénibles. Enfin, le 27 juillet, devant un vent d’ouest qui faisait rage, le capitaine se vit forcé de chercher un refuge sur la côte