S SUITES DÉSAGRÉABLES DE LA TRAVERSÉE
taine de vaisseau, je me demandais après un premier essai lequel de nous deux savait le moins cette langue.
Nous entrions dans la maison, quand nous fûmes violemment alarmés par la disparition de Robber. Il avait filé à la porte. Le chagrin d’avoir perdu ce magnifique animal que nous avions traîné jusqu’ici avec tant de peine nous occupa les deux premières heures que nous passâmes dans cette demeure hospitalière, qui ne dansait pas comme un vaisseau. Faisant le guet à la fenêtre, nous regardions si nous n’apercevrions pas le fugitif, lorsque soudain nous le vîmes au coin de la rue, qui revenait tranquillement. Nous apprîmes plus tard que notre ami Robber était allé, jusqu’à Oxford Street, à la recherche de choses nouvelles sans doute, et son retour étonnant vers un lieu où il n’avait jamais été avec nous me donna un exemple frappant de la sûreté d’instinct des animaux.
Alors seulement nous eûmes le temps de nous rendre compte des désagréments que nous valaient les effets ultérieurs de notre voyage. Nous trouvâmes d’abord presque amusant de sentir la terre ferme chavirer sous nos pieds. A chaque pas, nous avions la peur ridicule de nous étendre sur le plancher ; mais l’énorme ht anglais dans lequel nous cherchâmes un repos bien mérité se mit à tanguer et à rouler lui aussi ; dès que nous fermions les yeux pour dormir, il s’enfonçait dans un profond abîme et nous nous redressions en criant au secours. Cet état nous devint finalement insupportable et nous nous demandions avec angoisse si cette affreuse traversée allait durer toute notre vie. A ces maux vinrent se joindre d’importunes nausées, provoquées par la nourriture for-