‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 217 sur 285 · AVENTURES LONDONIENNES · texte numérisé non relu

AVENTURES LONDONIENNES

tement épicée dont nous abusâmes après l'abominable pitance du bateau.

Affaiblis par toutes ces misères, nous en vînmes à ne plus savoir ce que nous étions, somme toute, venus faire à Londres pour tant d'argent. Mais, ravis des merveilles de la grande ville, nous entreprîmes dès le lendemain un magnifique voyage de découverte. Installés dans un fiacre comme pour une partie de plaisir, nous suivîmes l'itinéraire que j’avais tracé sur un plan de Londres, étalé devant moi. L'étonnement et la joie nous firent oublier toutes nos souffrances. Afin de justifier ce séjour d'une semaine à Londres, si désastreux pour notre bourse, je me donnais à moi-même des prétextes : d'une part, Minna devait se rétablir complètement ; d’autre part, il me fallait saisir cette bonne occasion de me créer des relations artistiques. Pendant mon dernier séjour à Dresde, j'avais envoyé mon ouverture sur Rule Bri tannia (déjà composée à Kônigsberg) à sir John Smart, président de la Société philharmonique de Londres. Smart, n’ayant jamais répondu à mon envoi, il me semblait d'autant plus nécessaire de l’interpeller directement. Tout en réfléchissant de quelle façon je pourrais bien employer mes connaissances linguistiques pour m'entendre avec lui, je passai quelques jours à m'informer de sa demeure. Finalement j’appris qu’il ne se trouvait pas du tout à Londres.

Pendant plusieurs jours encore je m’imaginai que je ferais bien d'aller voir Bulwer Lytton, afin de me concerter avec lui sur l'exécution de son roman de Rienzi , que j'avais dramatisé. Ayant appris sur le continent que

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