ARRIVÉE A BOULOGNE-SUR-MER
de la Grande-Bretagne. Je ne songeai pas à aller à l'Opéra italien, peut-être à cause des prix d'entrée que je me figurais exorbitants.
Nous parcourûmes encore jusqu'à exténuation toutes les rues de la ville et, après avoir subi la morne horreur d’un dimanche londonien, nous montâmes finalement, en compagnie du capitaine de la Thétis, et pour la première fois de notre vie, dans une voiture à vapeur qui nous transporta au parc de Gravesend. Puis nous partîmes le 20 août pour la France, où nous abordâmes le même soir à Boulogne-sur-Mer. En disant adieu à la mer, nous formions le vœu ardent de ne plus jamais y naviguer.
Une certaine inquiétude, que nous nous dissimulions réciproquement et qui était peut-être le pressentiment de ce qui nous attendait à Paris, jointe à d’autres raisons, nous décida à nous arrêter quelques semaines à Boulogne. Du reste, la saison était trop peu avancée pour que nous courussions la chance de rencontrer à Paris les quelques personnes influentes auxquelles j'avais l'intention de m'adresser. Notre décision prise, nous fûmes tout heureux d’apprendre que Meyerbeer se trouvait précisément en séjour à Boulogne.
Il me restait encore à instrumenter une partie du deuxième acte de Rienzi, et il était bien préférable pour nous de n'arriver dans ce Paris si dispendieux qu’au moment où je serais en mesure de présenter à la critique la moitié de mon œuvre achevée. Nous pensions aussi qu'il nous serait plus facile de trouver dans les environs de Boulogne un logement à un prix modéré.