AMABILITÉ DE MEYER BEER
les parcourir, et, à la visite suivante, il me témoigna un intérêt sans réserve. Quelque chose pourtant me troublait un peu, c'est qu'il revenait sans cesse sur l'éloge de mon écriture, dans laquelle il reconnaissait toutes les qualités du « Saxon ».
Meyerbeer me promit des lettres de recommandation pour le directeur du Grand Opéra, Duponchel, et pour le chef d'orchestre, Habeneck.
Je n avais donc qu’à me féliciter de l'heureux hasard qui m'avait amené, après tant de pérégrinations aventureuses, dans cette partie de la France. N'était-ce pas en effet une chance incroyable que d’avoir si rapidement conquis la sympathie du plus grand compositeur d'opéra français? Meyerbeer m'emmena chez Moscheles, qui séjournait aussi à Boulogne, puis chez Mlle Blahedka, la célèbre virtuose que je connaissais de nom depuis longtemps. Je passai, dans leur intimité, de délicieuses soirees. Nous faisions de la musique et je me trouvai ainsi, pour la première fois, en relations avec de grandes célébrités musicales. J'avais écrit à mon futur beaufrère Avénarius en le priant de nous retenir à Paris un logis convenable. Nous partîmes donc en diligence le 16 septembre, après avoir eu les difficultés habituelles avec Robber, qu'il me fallut caser tout en haut, sur l'impériale.
C est avec une curiosité impatiente que j'attendais notre entrée dans ce Paris tant désiré. Tout d'abord, je n’éprouvai que de la déception, car je ne ressentis rien de l’impression grandiose produite par Londres. Tout me parut plus étroit, plus resserré que je n'avais