‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 225 sur 285 · DUPONCHEL. — HABENECK · texte numérisé non relu

DUPONCHEL. — HABENECK

moindre secret sur nos situations respectives et nous formâmes un seul ménage, séparé par la distance, mais uni par les souffrances communes.

Le sujet de nos conversations était presque toujours le même : nous délibérions sur les voies à suivre pour atteindre rapidement mon but de me faire connaître

à Paris. L arrivée des lettres de recommandation promises par Meyerbeer entretint mon bon espoir. Le directeur de l’Opéra, M. Duponchel, me reçut dans son bureau ; il lut la lettre de Meyerbeer à travers un monocle qu’il se fourra dans un œil et ne manifesta aucune émotion. Il avait, sans doute, ouvert déjà bien des lettres de ce genre venant de Meyerbeer. Il me congédia et ne me donna plus jamais signe de vie.

Le vieux chef d’orchestre Habeneck, lui, me témoigna une sympathie réelle. Il se déclara prêt, si je le désirais et si on en trouvait le temps, à faire jouer quelque chose de moi dans une des répétitions d’orchestre des concerts du Conservatoire. Malheureusement, en fait de composition orchestrale, je n avais rien qui pût convenir, sauf mon ouverture de Christophe Colomb. Comme elle m’avait procuré tant d’applaudissements à Magdebourg, grâce aux trompettes militaires prussiennes, je la considérai comme 1 œuvre sortie de ma plume qui pouvait le mieux soutenir l’épreuve. J’en remis donc la partition et les parties d’orchestre à Habeneck et je pus ainsi raconter le soir à notre comité que j avais fait mon premier pas vers le succès. x Quant à tenter de reprendre personnellement les rapports que j’avais eus par écrit avec Scribe, mes amis men détournèrent en me prouvant aisément qu'un

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