‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 228 sur 285 · SCHLESINGER. — PAULINE VIARDOT · texte numérisé non relu

SCHLESINGER. — PAULINE VIARDOT

tuosité de cet essai avait été bien vite démontrée. Je constatai 'qu’il me fallait des recommandations personnelles auprès des chanteurs et des cantatrices si je voulais entendre jamais mes autres airs chantés en public.

Aussi ma joie fut-elle grande quand Meyerbeer arriva enfin à Paris. Il ne témoigna guère de surprise du peu d’effet de ses recommandations; au contraire, il crut bon de m’avertir qu’à Paris tout était très difficile et qu’ainsi je ferais mieux de chercher un modeste emploi. Il m’emmena dans ce but chez son éditeur, Maurice Schlesinger, et, m’ayant fait faire cette connaissance puissante, il m’abandonna à mon sort et partit pour l’Allemagne.

Schlesinger, ne sachant trop à quoi m’employer et les gens auxquels dans ses bureaux je fus présenté sous sa haute protection (entre autres, le violoniste Panofka) ne m’étant utiles en rien non plus, je retournai à mes conseillers domestiques. Eux, du moins, m’avaient déjà procuré quelque chose : par exemple la traduction française, faite par un professeur parisien, des Deux grenadiers de Heine. J’avais aussitôt composé pour cette traduction un air de baryton dont j’étais satisfait.

Ecoutant l’avis d’Anders, je me mis donc à la recherche de chanteurs et de cantatrices pour mes nouvelles compositions. Mme Pauline Viardot, à qui je m’adressai en premier lieu, parcourut les morceaux avec moi ; elle me dit sans hésitation qu’ils lui plaisaient, mais, tout de suite, elle m’exprima ses regrets de ne pouvoir s’en servir dans ses concerts. Même aventure avec une Mme Widmann qui, de sa belle voix de contralto, me

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