UNE OUVERTURE POUR « FAUST
devait être la première partie d'une symphonie complète sur Faust; dans la tête j'avais déjà toute la seconde partie sur Marguerite. C'est la composition que je repris quinze ans plus tard sur le désir et les indications judicieuses de Liszt, après l'avoir perdue de vue si longtemps. Je la remaniai en partie et j'en fis une ouverture pour Faust, qui a été exécutée avec succès à diverses reprises. J'avais alors l'ambition de faire accepter un ouvrage de ce genre par les concerts du Conservatoire, mais j'appris bientôt qu'on croyait m'avoir accordé suffisamment d'attention et qu’on désirait être débarrassé de moi pour quelque temps. Voyant l'inutilité de mes efforts, j'eus naturellement de nouveau recours à Meyerbeer et lui demandai d’autres recommandations, spécialement pour des chanteurs. Je fus très surpris lorsque, là-dessus, Meyerbeer m'adressa, de Berlin, à son homme d'affaires, un singulier personnage, nommé M. Gouin, employé des postes. Lui et sa femme avaient reçu toutes les instructions de Meyerbeer, afin de m'aider de leur mieux. Par cette entremise, le célèbre compositeur me mit en premier lieu en rapports avec M. iVnténor Joly, directeur du théâtre lyrique de la Renaissance, dont j'ai déjà parlé.
M. Gouin obtint de ce directeur, avec une facilité presque inquiétante, la promesse de faire jouer ma Défense d'aimer . Il s'agissait seulement d'offrir au comité du théâtre l'audition de certaines parties de l'opéra, afin qu'il pût en juger. Mais lorsque je demandai quelques artistes de ce théâtre pour étudier les trois morceaux traduits par Dumersan, on me répondit avec regret que