‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 245 sur 285 · LES « DEUX GRENADIERS » EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

LES « DEUX GRENADIERS » EN ALLEMAGNE

à moi que devait revenir le bénéfice de la vente. Aucun exemplaire n'en fut écoulé, à ce que l'éditeur m'a assuré plus tard. Dans la suite, lorsque à Dresde j’eus acquis un nom avec mon Rienzi , l'éditeur de musique Schott, à Mayence, jugea bon de faire paraître ces Deux grenadiers en Allemagne. Ses publications consistaient presque exclusivement en traductions du français. Il fit donc tout simplement imprimer l'original de Heine sous le texte français. Mais celui-ci avait été traduit très librement sur un mètre différent de l'allemand, de sorte que la poésie de Heine ne concordait pas du tout avec la musique et produisait un effet grotesque. Indigné de ce procédé, je protestai contre le tort qu'on me faisait en imprimant de telle sorte une de mes œuvres sans mon consentement. Là-dessus, Schott me menaça d'un procès en diffamation : son édition n'étant pas une contrefaçon , mais une reproduction . Je ne connaissais pas cette différence, et, pour éviter d'autres désagréments, je lui fis réparation d'honneur. Lorsqu'en 1848 je m'informai auprès de M. Brandus, successeur de Schlesinger, de ce qu'était devenue ma petite composition, j'appris qu’on en avait publié une nouvelle édition, mais personne ne voulut entendre parler des droits que j’avais à faire valoir. N'ayant nulle envie de m'acheter de mon argent un exemplaire des Deux grenadiers , j'ai dû me passer jusqu'ici de posséder ma propriété. On verra plus tard dans quelle proportion des entreprises pareilles sur mes œuvres se sont développées et sont devenues lucratives.

Pour l’instant, il s'agissait de dédommager Schlesinger de ses cinquante francs. Il me proposa de colla-

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