‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 25 sur 285 · LES CORPORATIONS D’ÉTUDIANTS · texte numérisé non relu

LES CORPORATIONS D’ÉTUDIANTS

me chatouiller si fort par derrière que je le sente par devantl»

De Grimma, la jeune troupe d’excursionnistes se dirigea en voiture découverte vers Leipzig. Avant d’entrer dans cette ville, nous nous étions soigneusement débarrassés de nos insignes universitaires, de crainte qu’une rencontre fâcheuse avec de véritables étudiants ne nous fît payer cher notre audace.

Depuis ma première visite, à l’âge de huit ans, je n’avais revu Leipzig qu’une fois en passant. La maison Thomé m’avait produit la même impression de bizarrerie, mais, comme j’étais plus avancé dans mes études, j’avais été mieux à même de profiter de la société de mon oncle Adolphe. J’avais appris avec une joyeuse surprise que la bibliothèque remplie de livres qui se trouvait dans la grande antichambre était un legs de mon beau-père et m’appartenait. Tout de suite, j’en avais examiné les volumes avec mon oncle et choisi quelques auteurs latins, dans la belle édition de Deux-Ponts, ainsi que d’autres ouvrages de belles-lettres. Je les avais tous fait expédier à Dresde.

Dans cette dernière visite, les us et coutumes des étudiants m’intéressèrent particulièrement ; leur genre fanfaron devint un nouveau sujet d’admiration qui se mêla à mes impressions fantastiques du théâtre et de Prague. Les étudiants avaient fait subir une transformation complète à leur costume. Ceux que j’avais vus dans ma première enfance m’avaient frappé par leur extérieur tudesque, béret de velours noir, cou dégagé, col rabattu et cheveux longs. Mais, depuis lors, les persécutions poli-

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