‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 26 sur 285 · SENTIMENTS RELIGIEUX · texte numérisé non relu

SENTIMENTS RELIGIEUX

tiques avaient fait disparaître les corporations qui se vêtaient ainsi ; elles avaient été remplacées par les corporations dites de compatriotes, non moins chères aux Allemands que les premières qui s'appelaient Burschenschaften.

Les nouveaux étudiants s'habillaient suivant la mode, en l’exagérant même ; ils se distinguaient des bourgeois par la bizarrerie de leurs vêtements, et surtout par l'étalage des couleurs héraldiques de leur association. Le code d'honneur, aux prescriptions pédantes duquel ils se soumettaient dans le but de conserver et de développer l'esprit de corps, en opposition avec celui de la classe moyenne, avait aussi ses côtés chimériques comme les ont toujours les qualités les plus bourgeoises des Allemands. A mes yeux, ce code sanctionnait l'émancipation de l'école et de la famille. Mon désir de devenir étudiant coïncida malheureusement avec le dégoût de plus en plus prononcé que j'éprouvais pour les études arides du collège et aussi avec la passion qui me prit de rimailler.

Les conséquences de cet état d’âme se remarquèrent bientôt à l'obstination que je mis à vouloir changer de situation. A ma confirmation, qui eut lieu le jour de Pâques 1827, cet es prit d’indiscipline se manifestait déjà par le peu de respect que m'inspiraient les pratiques religieuses.

L'enfant qui, peu d'années auparavant, fixait des regards de douloureuse extase sur l'autel de l'église de la Croix (à Leipzig), qui, dans ses élans mystiques, souhaitait de se voir crucifié à la place du Rédempteur, ce même enfant avait perdu le respect dû au pasteur chargé de le préparer à la confirmation. Il faisait sans

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