‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 254 sur 285 · SUCCÈS DES « NOUVELLES · texte numérisé non relu

SUCCÈS DES « NOUVELLES

soutirer trois cents francs à Schlesinger, qui n'avait personne d'autre sous la main. Il me fallut en outre trouver le temps de transcrire moi-même les parties d'instrument de mon ouverture de Faust , car je n'avais pas encore perdu tout espoir de l'entendre dans un concert du Conservatoire.

Pour tenir tête à l'influence désastreuse qu'exerçait sur moi la besogne insipide que Schlesinger m'avait imposée, j écrivis une petite nouvelle : Eine Pilgerfahrt zu Beethoven , qui parut dans la Gazette musicale sous le titre de : Une visite à Beethoven.

Schlesinger m'avoua franchement que cet article avait fait sensation et qu’il avait plu énormément. J'en eus la preuve en le trouvant reproduit tout entier ou en partie dans diverses revues. Il me demanda de lui en fournir d’autres du même genre. J'écrivis une suite à cette nouvelle et l'intitulai : Das Ende eines Musikers in Paris [Un musicien étranger à Paris). Je m'y vengeais de toutes les humiliations que j'avais subies. Elle plut infiniment moins à Schlesinger, mais elle me valut des témoignages touchants d'approbation de la part de ses pauvres commis et Heine lui décerna cet éloge : « Hoffmann n'eût pas été capable d'écrire une chose pareille. » Berlioz lui-même la remarqua et en parla avantageusement dans son feuilleton des Débats. Il me témoigna aussi sa sympathie de vive voix à propos d'un article, musical et esthétique, que j'écrivis ensuite et intitulé Des Ouvertures. Il avait été frappé du principe par lequel j'éclairais ce genre de compositions en donnant comme modèle l'ouverture à y Iphigénie en Aitlide , de Gluck.

Page 1