‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 27 sur 285 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

DÉPART DE LA « KRE UZSCH U LE »>

regret chorus avec ceux qui raillaient l’ecclésiastique et ne se gênait même pas de dépenser, pour des friandises, une partie du denier de la confession en compagnie de vauriens associés dans ce but. Au moment de la communion, je me rendis pourtant compte de l’état de mon âme, et je fus presque terrifié. Pendant que le cortège des communiants, où je me trouvais, se dirigeait vers l’autel, l’orgue et les cantiques résonnèrent. A la réception du pain et du vin, mon émotion devint si forte que le souvenir m’en reste impérissable. C’est pour cette raison que, depuis lors, je n’ai plus jamais participé à la sainte Cène. J’ai toujours craint de ne plus éprouver les sentiments de la première heure. Cette renonciation m’a été rendue possible par le fait que les protestants ne reconnaissent pas l’obligation de la cqmmunion répétée.

Bientôt je me servis d’un prétexte pour rompre avec la « Kreuzschule » et obtenir de force que ma famille consentît à mon départ de Dresde. Le proviseur Baumgartner Crusius, pour lequel j’avais cependant une grande vénération, m’avait infligé une punition qui me paraissait injuste. Afin d’en éviter les suites et de parvenir en même temps à ma sortie immédiate du lycée, je prétendis vis-à-vis du proviseur que ma famille me rappelait subitement à Leipzig.

Depuis trois mois déjà j’avais quitté la maison Boehme et j’habitais seul une petite mansarde que m’avait louée la veuve d’un garde de l’argenterie royale. A toutes les heures du jour elle m’apportait une tasse de ce célèbre café saxon, clair comme de l’eau, et qui formait à peu près mon unique nourriture. Dans cette mansarde, je

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