‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 262 sur 285 · DÉMÉNAGEMENT POUR MEUDON · texte numérisé non relu

DÉMÉNAGEMENT POUR MEUDON

de cette visite, me répondit pour me calmer : « J’aurais pu vous dire ça, car, voyez-vous, monsieur, cet homme ne vaut pas l’eau qu’il boit. »

Cette malchance imprévue détruisit tout l’espoir que nous avions d’arriver à sortir de notre insoutenable situation. Pendant un certain temps, nous nous consolâmes en pensant que nous trouverions un locataire de plus. Il n en fut rien, et nous vîmes arriver Pâques et la oeuxieme année de bail sans savoir à quel saint nous vouer. Enfin le concierge découvrit une famille d’étrangers disposée à sous-louer pour quelques mois notre appartement tout meublé. Nous acceptâmes avec bonheur ce moyen de nous assurer l’argent du prochain terme et nous espérions qu’en quittant ce logis de malheur, nous arriverions à nous en débarrasser complètement.

Nous allâmes donc à la recherche d’un logement bon marché, dans les environs de Paris. On nous avait indique Meudon et nous y choisîmes une demeure dans 1 avenue qui relie Meudon à Bellevue. Après avoir donné au concierge de la rue du Helder pleins pouvoirs pour la surveillance de nos sous-locataires, nous nous installâmes tant bien que mal dans notre nouveau gîte. Il nous fallut y emmener notre commensal, le bon Brix, car le malheureux se trouvait aussi dans une période critique. Manquant d’argent, il eût été dans le plus grand embarras si nous l’eussions exclu de notre intérieur en ce moment. Notre déménagement sommaire eut lieu le 29 avril ; en réalité, c’était un saut de l’impossible dans l’inconcevable, car nous ignorions absolument de quoi nous allions vivre cet été. La source de Schlesinger était tarie

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