‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 263 sur 285 · WAGNER JOURNALISTE · texte numérisé non relu

WAGNER JOURNALISTE

et nous n’en apercevions aucune autre ni de droite ni de

gauche.

Il ne me restait plus que mes travaux de journaliste. Bien qu’ils fussent peu lucratifs, ils m’avaient rapporté quelque succès. L’hiver précédent, j’avais encore fourni à la Gazette musicale un assez long article sur le Freischiitz , de Weber, qui allait être représenté au Grand Opéra avec les récitatifs de Berlioz intercalés. Cet article me valut, semble-t-il, l’aversion de Berlioz. Je n’avais pu m’empêcher de faire remarquer les inconvénients de ce projet : l’œuvre de Weber, écrite selon la formule des anciens opéras, allait perdre ses dimensions primitives et être défigurée par des accessoires destinés à la faire figurer au répertoire luxueux de ce théâtre.

Le résultat me donna raison, mais ceux qui avaient eu l’idée de ce « perfectionnement » ne m’en voulurent pas moins. J’eus cependant une satisfaction flatteuse. Mon article avait attiré l’attention de la célèbre G. Sand. Dans une légende tirée de la vie provinciale française, elle débutait en émettant ses doutes sur la capacité du Français à comprendre l’originalité de l’élément mystique dans le peuple et se basait sur ce que j’avais dit là-dessus à propos du Freischütz.

Mes efforts pour faire recevoir mon Rienzi à Dresde fournirent un nouveau prétexte à mon activité journalistique. Le secrétaire du théâtre de cette ville, Winkler, que j’ai déjà nommé, me tenait au courant de la marche de mon affaire, mais il profitait en même temps de l’occasion pour me faire collaborer gratuitement au journal qu’il publiait : c’était YAbendzeitung, fort en baisse

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