RELATIONS AVEC DESSAUER
Mais il ne m’était pas permis de songer déjà à des travaux si attrayants. J’avais encore à lutter contre la vulgaire misère qui me retenait à Paris. Dans cette lutte, je trouvai cependant moyen de m’exercer dans le sens désiré.
M. Dessauer, musicien et compositeur juif assez connu, ne manquant pas d’esprit, mais que son hypocondrie surtout a rendu inoubliable pour ses connaissances, était venu à Paris. Dans ma jeunesse, je l’avais rencontré à Prague. Sa fortune lui avait valu la protection de Schlesinger, qui ne pensait rien moins qu’à lui procurer une commande pour le Grand Opéra. Ce Dessauer avait lu le texte de mon Vaisseau fantôme. Il voulut absolument que je lui fisse un livret du même genre, puisque celui-ci avait déjà été donné par M. Léon Pillet à M. Dietsch, directeur des chœurs, qui devait le composer. Dessauer avait obtenu de ce même M. Pillet la promesse d’une commande pour le Grand Opéra et il m’offrit deux cents francs si je lui fournissais un sujet analogue à celui qui plaisait à la mélancolie de son tempérament. Je fouillai dans mes souvenirs d’Hoffmann et je trouvai facilement un récit approprié : la Mine de F alun. Je réussis à souhait l’arrangement de cette histoire singulière et intéressante et Dessauer fut convaincu que ce texte valait la peine d’être mis en musique.
Il en éprouva un désappointement d’autant plus grand quand Pillet refusa notre projet, parce que la complication de la mise en scène au second acte eût suscité des difficultés insurmontables pour monter le ballet qui suivrait. Dessauer me demanda alors de lui écrire à la place