‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 35 sur 285 · RÉSUMÉ DU DRAME · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DU DRAME

J’étais enthousiasmé d’avoir trouvé le nom d’Adélaïde pour cette jeune personne. Alors déjà j’avais des prédilections de teutomane, et je ne saurais m’expliquer pourquoi j’ai donné à mon héroïne un nom si peu allemand, si ce n’est par l’admiration que j’éprouvais pour Y Adélaïde de Beethoven, dont le refrain rêveur me semblait le symbole de toute invocation d’amour. L’action de mon drame reposait essentiellement sur le fait que le dernier meurtre obligatoire était retardé par l’amour ardent qui avait éclaté entre Leubald et Adélaïde.

La naissance et le développement de ce sentiment donnaient heu au récit d’aventures extraordinaires. Adélaïde avait été enlevée à son sauveur détesté par un brigand qui l’avait cachée dans son château fort. Ayant, au préalable, occis le prétendant et toute sa famille, Leubald s’élance à l’attaque du repaire de brigands moins pour se venger que pour mourir. Aussi regrette-t-il de ne pouvoir monter tout de suite à l'assaut du château, trop bien gardé. La nuit étant venue, il est forcé de dresser sa tente, et, pour la première fois, sa rage frénétique aurait fait place à la lassitude, si le spectre du père n’était venu, comme dans Hamlet, lui rappeler son serment de vengeance. Cependant, une surprise le fait tomber aux mains de l’ennemi. On l’enferme dans les souterrains du château, et c’est là qu’il rencontre enfin la fille de Roderich, également prisonnière. Elle lui fait l’effet d’une apparition céleste ; ils s’aiment et, ayant réussi à s’évader par ruse, ils s’enfuient dans une contrée sauvage. Là seulement, ils s’aperçoivent qu’ils sont ennemis mortels. A partir de cet instant, le germe de folie que

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