ÉTUDE SECRÈTE DE L’HARMONIE
naturellement tenter de composer. Mais il s'agissait de m'assimiler pour cela des connaissances techniques complexes formant un tout autonome ; composer en musique offrait des difficultés autrement grandes que faire des poésies, art qui semble si facile. Par ces études nouvelles et ces nouveaux travaux, je paraissais donc m'engager définitivement dans la carrière de « musicien », carrière qui devait* se continuer par celle de maître de chapelle pour arriver au compositeur d'opéra .
Je voulais écrire pour Leubald et Adélaïde une partition comme celle que Beethoven avait écrite pour Egmont. Les diverses sortes d'esprits surnaturels et leurs apparitions devaient être annoncées et accompagnées d'une musique qui leur donnerait leur véritable coloris. Pour apprendre rapidement les notions de composition indispensables à l'exécution de ce projet, je pensai qu'il me suffirait d'étudier la Méthode de basse chiffrée de Logier qu'on m'avait recommandée à cet effet dans un magasin de musique. Les embarras pécuniaires qui, de tout temps, troublèrent ma vie, datent de ce moment. Je louai la Méthode, moyennant une rétribution hebdomadaire, dans l'heureux espoir d'acquitter les quelques semaines de location avec l'argent de poche que j'aurais économisé.
Mais les semaines devinrent des mois, et je ne savais toujours pas composer à mon gré.
M. Frédéric Wieck, futur beau-père de Robert Schumann, alors propriétaire de ce cabinet de musique, m’envoyait d’inquiétantes sommations de payer, et lorsque enfin le prix de location eut atteint celui de l’ouvrage, je me vis forcé de me confesser à ma famille. Elle apprit