‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 71 sur 285 · EXÉCUTION DE LA « NOUVELLE OUVERTURE » S · texte numérisé non relu

EXÉCUTION DE LA « NOUVELLE OUVERTURE » S

que j’étais l’auteur de cette ouverture. Ma sœur Ottilie, qui avait eu à supporter les lectures secrètes de Leubald et Adélaïde , fut encore ma seule confidente et je la persuadai de m’accompagner à l’audition de mon œuvre.

C’était ce soir-là qu’on distribuait les étrennes de Noël chez mon beau-frère Frédéric Brockhaus. Nous avions, ma sœur aussi bien que moi, intérêt à assister à cette fête de famille. Demeurant chez mon beau-frère, Ottilie était fort occupée et trouva à grand’peine le temps de quitter la maison. Notre aimable parent lui donna sa voiture, afin qu’elle pût revenir plus vite, et je profitai de cette occasion pour faire mon entrée dans le monde musical avec un certain apparat. La voiture roula bruyamment jusque devant le théâtre. Ma sœur se rendit dans la loge des Brockhaus, tandis que moi j’étais obligé de m’installer au parterre. Mais j’avais oublié de prendre un billet, et l’ouvreur ne voulut pas me laisser entrer. Déjà on accordait les instruments de plus en plus fort ; je crus que j’allais manquer le commencement de mon œuvre. Alors je fus pris d’une telle inquiétude que je me révélai l’auteur de la Nouvelle Ouverture , afin de persuader l’homme de me laisser pénétrer sans billet. J’y réussis et m’élançai vers un des premiers rangs du parterre, où je me laissai choir dans un fauteuil. J’étais dans une agitation insensée. L’ouverture commença. Le thème des instruments « noirs » se manifesta d’abord avec importance ; puis l’allegro « rouge » suivit avec son coup de grosse caisse venant de la contrée « noire ». J’ignore l’effet que produisit sur les auditeurs le motif « vert » des instruments à vent, ainsi que l’ensemble final des thèmes

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