‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 74 sur 285 · LEÇONS DE THÉODORE WEINLICH · texte numérisé non relu

LEÇONS DE THÉODORE WEINLICH

lich lui répondit que pour le moment il n'avait pas de semblables compositions prêtes, mais qu'il pouvait lui offrir une nouvelle Messe. L'éditeur refusa, en disant : « Celui qui a mangé la viande peut ronger l'os aussi. »

La modestie avec laquelle Weinlich narrait cette anecdote dénotait le caractère simple de cet excellent homme. Faible et maladif, il refusa d'abord de me prendre comme élève, lorsque rfta mère me conduisit chez lui. Cependant, après avoir résisté longtemps à nos instances, il finit par se laisser convaincre quand il eut remarqué l'insuffisance de mon éducation musicale, insuffisance qu'il reconnut à une fugue que j'avais apportée.

Il me promit ses leçons à condition que je cesserais de composer pendant au moins six mois et que je me conformerais docilement à ses instructions. Je restai fidèle à la première partie de ma promesse, grâce aux nombreuses distractions de ma vie d'étudiant. Mais lorsque je dus, pendant un temps assez long, ne m'occuper que de sévères exercices d’harmonie à quatre voix, l'étudiant frivole se rebuta aussi bien que le compositeur de tant d'ouvertures et de sonates. Weinlich eut donc de même à se plaindre de moi, et il était sur le point de m’abandonner à mon sort, quand arriva dans la maison de jeu cette soirée mémorable qui amena un changement complet de ma vie. Honteux et ému, je demandai pardon au vieillard pour lequel j’éprouvais une réelle affection, et je lui jurai de m'appliquer désormais avec persévérance à mon travail. Il me fit venir chez lui un matin à sept heures pour construire sous ses yeux la charpente d'une fugue. Il me consacra toute sa matinée, étudiant chaque

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