‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 87 sur 285 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

TEXTE D’OPÉRA : « LES NOCES

Deux grandes familles du moyen âge vivent depuis longtemps dans une profonde inimitié; elles ont fini pourtant par se jurer le serment de paix, et à l'occasion du mariage de sa fille avec un de ses fidèles partisans, le chef vénérable d une des familles invite le fils de son ancien ennemi à la noce et donne ainsi à la solennité le caractère d'une réconciliation. Les conviés arrivent donc, mais ils sont remplis de défiance et ils craignent une trahison. Leur jeune chef est saisi d'une passion farouche pour la fiancée de son nouvel allié. Son sinistre regard épouvante la jeune fille. Accompagnée d'un brillant cortège, celle-ci est conduite à la chambre nuptiale. Elle attend l'aimé. Tout à coup, à la fenêtre de la haute tour qu'elle habite, elle aperçoit fixé sur elle le même regard de passion insensée. Elle a l'intuition subite qu'il y va de sa vie. Déjà l'intrus s'est élancé vers elle, et l'étreint d'une ardeur folle. Mais elle réussit à le repousser et à le précipiter dans le vide, par-dessus l'appui du balcon. Dans le fossé du château, on découvre le cadavre fracassé. Croyant à une trahison, les frères d’armes du mort s'attroupent aussitôt et crient vengeance. Un tumulte formidable emplit la cour du château. Les fêtes nuptiales, si tragiquement interrompues, sont près de se transformer en une nuit sanglante. Par ses objurgations, le vieux chef de famille parvient cependant à détourner le malheur. Il envoie des messagers prévenir les parents de la victime ; en expiation de cet inexplicable accident, on fera au mort des obsèques d'un éclat inusité et tous les membres de la famille suspecte y prendront part. Au cours de la cérémonie funèbre.

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