‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 107 sur 276 · INQUIÉTUDES DE M®* SCHRŒDER-DEVRIENT · texte numérisé non relu

INQUIÉTUDES DE M®* SCHRŒDER-DEVRIENT

de malaise et de confusion. Tout d abord, le poème rinquiétait. A Tune de mes visites, elle me lut d'une voix très belle et très expressive les passages principaux du dernier acte ] puis elle me demanda ou j avais la têet de croire qu'un être aussi enfantin que Tichatschek trouverait les accents pour rendre ce Tannhàuser, J'essayai de lui démontrer, ainsi qu'à moi-même, les qualités de ma musique qui exprimait si exactement et si sûrement les accents nécessaires qu'elle parlait, me semblait-il, à la place de l'interprète, même si ce dernier n'y mettait pas toute l'expression voulue. Mme Devrient secoua la tête et répondit que pour un oratorio cela pourrait suffire, peut-être, mais non pour un drame musical.

Alors elle me chanta au piano la prière d'Élisabeth et me demanda comment ferait, pour rendre cet air, une jolie voix fraîche, mais n'ayant point d'âme ni 1 expérience indispensable de l'amour. Je répondis en soupirant que cette fois il nous fallait nous contenter de la naïveté et de la jeunesse et je la priai instamment de faire part de ses instructions à ma nièce Johanna, a qui était confié le rôle d'Éhsabeth.

Malheureusement le problème que me présentait Tichatschek ne pouvait se résoudre de même façon : essayer de donner un conseil à mon robuste ami n aurait eu d'autre résultat que de le troubler. Je fus donc forcé d'espérer en la puissance de sa voix et dans 1 accentuation marquée de son chant.

Le souci que l'interprétation des rôles principaux causait à la grande artiste avait une autre source encore : elle ne savait que faire de sa partie (Vénus), d une diffi-

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