HERMANN FRANCK
sentation émouvante et parfaite, ils ne comprirent rien à mes intentions. D’intéressantes connaissances que je fis cet hiver-là et des relations plus étendues m’instruisirent et m’éclairèrent à ce sujet.
Vers cette époque, le docteur Hermann Franck, de Breslau, se retira à Dresde et sa société cultivée devint pour moi un stimulant sérieux. Possesseur d’une certaine fortune, il était de ceux auxquels unTvaste savoir, un jugement sûr et les aptitudes littéraires font une grande réputation dans les cercles choisis, sans qu’ils obtiennent un nom dans le public. Il avait essayé de mettre ses capacités et son intelligence au service du peuple en se laissant appeler par Brockhaus à rédiger la Deutsche Allgemeine Zeiiung, que mon beau-frère avait lancée quelques années auparavant. Au bout d’un an, il prit nettement congé de son éditeur et, sauf des cas extraordinaires, il n’y eut plus moyen de l’amener à écrire pour un journal quelconque. Ses brèves et spirituelles allusions à ses expériences de rédacteur à VAllgemeine Zeitung justifiaient à mes yeux son dégoût pour le journalisme. Aussi, je lui tins grand compte d’avoir, sans que je l’en eusse prié, écrit sur le Tannhàicser un long article qui parut en octobre ou novembre 1845 dans le supplément de la Gazette d*Augsbourg et qui, tout en renfermant les premières paroles annonciatrices sur une oeuvre dont on s’occupa tant depuis, donnait les réflexions les plus modérées, les plus étendues et les plus complètes que l’on ait jamais énoncées sur cet opéra. C’est ainsi que je fus introduit dans ce grand journal de politique européenne, qui, en suite d’im revirement de la rédaction,