LOGÉS DANS LE PALAIS MARCOLINI
Dans une partie assez excentrique et isolée de Dresde, se dressait Tancien palais MarcoKni. Il était entouré d'un grand jardin dans le style français et appartenait à la ville, qui en louait quelques pièces. Le sculpteur Hænel que depuis longtemps je comptais parmi mes bonnes connaissances et qui, en témoignage d'admiration, m'avait même offert pour mon salon la reproduction en plâtre d'un bas-relief du monument de Beethoven, avait pris à bail le rez-de-chaussée d'une des ailes latérales de cet énorme palais et en avait fait son logis. Moyennant un loyer très modique, je m'installai au-dessus de lui, au premier étage. Cela me permit non seulement de me livrer, dans le beau jardin ombragé et dans cet agréable entourage, à une cure hygiénique et morale nécessaire à l'artiste énervé, mais aussi de diminuer mes dépenses et d'améhorer un peu ma mauvaise situation pécuniaire. Minna ayant réussi à installer notre nouvelle demeure d'une manière pratique et sans beaucoup de frais, nous nous sentîmes fort à notre aise dans ces chambres vastes et gaies. Je n'eus à souffrir que d'un inconvénient qui me devint pénible avec le temps, c'était l'éloignement du théâtre. Je m'en aperçus surtout lorsque, épuisé par des répétitions ou des représentations fatigantes, je ne pouvais pas me payer de voiture pour rentrer chez moi. Mais cet ennui était atténué par la bonne humeur où nous entretenait un été particulièrement beau.
Pendant cette période, je me retirai volontairement de toute participation à la direction du théâtre et j'avais des raisons fondées pour cela. Toutes mes tentatives de mettre un ordre profitable dans l'emploi des artistes de