MA DÉCEPTION
tion générale ; puis ils me furent retournés avec des remerciements polis pour mon travail consciencieux et une réponse sommaire disant qu'on trouvait préférable de laisser les choses telles quelles.
On repoussa de même toute proposition que je fis d'utiliser plus judicieusement nos forces artistiques en ne les fatiguant pas inutilement. M'étant aperçu à la longue que tout ce qu'on obtenait péniblement dans d'interminables conférences, par exemple le plan définitif du répertoire, pouvait être modifié ou annulé dans la suite par le simple caprice d'un chanteur ou la volonté d'un petit inspecteur, je finis, après des discussions, des colères et des peines innombrables, par éviter toute immixtion dans la gestion du théâtre, même quand mon devoir m'eût ordonné de parler. Je me bornai à diriger les représentations qui m'étaient assignées. Malgré les rapports de plus en plus tendus que nous avions, M. de Lüttichau et moi, on était bien forcé de supporter mon humeur récalcitrante et d’avoir des égards pour l'auteur de Rienzi et de Tannhàuser, dont le succès remplissait chaque été la salle d'un nombreux public d'étrangers.
Dans cet état de renoncement d'une part et d'émulation d'autre part, je pus jouir, cet été-là, d'une retraite presque complète et de l'agrément de ma nouvelle installation. J'achevai donc mon Lohengrin dans les dispositions d’esprit les plus favorables. La gaieté intense qui m'animait alors provenait de ce qu'à côté de mes compositions, je me hvrais avec ardeur aux études dont j'ai déjà parlé. Dans la maturité de l'esprit et du sentiment, je compris Eschyle pour la première fois. Les éloquentes