ESCHYLE. — ARISTOPHANE
didascalies de Droysen évoquèrent si \dvement à mes yeux rimage enivrante des représentations grecques qu'à la lecture de VOrestie je subis la force impressionnante de ces tragédies sur la scène. Rien n'égale l'émotion que me causa Agamemnon et jusqu'à la fin des Euménides je demeurai dans un ravissement qui, en somme, a été cause que je n'ai plus pu me réconcilier tout à fait avec la littérature moderne. Mes idées sur l’importance du drame et du théâtre se sont sûrement formées sous l'influence de ces impressions. Passant par les autres poètes tragiques, j'arrivai à Aristophane. Après avoir travaillé assidûment toute la matinée à j'allais l'après-
midi m'abriter contre la chaleur sous les ombrages épais du jardin : je ne saurais décrire la gaieté pétulante où me jetait la lecture des pièces d'Aristophane, après que, par ses Oiseaux, j'eus sondé la profondeur et la richesse de ce favori des Grâces, comme il se nommait hardiment luimême. Je me plongeai aussi dans les meilleurs Dialogues de Platon ; le Banquet entre autres me procura une compréhension si intime de la merveilleuse vie grecque, qu'il me sembla en vérité être plus chez moi à Athènes que dans n'importe quelle condition de la vie moderne.
Mes études ayant un but absolument précis, je ne songeai pas à me servir d'un manuel de littérature quelconque, et après m'être assimilé YHistoire d'Alexandre et Y Histoire de V hellénisme de Droysen ainsi que les ouvrages de Niebuhr et de Gibbon, je passai directement aux antiquités germaniques où je retrouvai Jacob Grimm, mon guide aimé. Tout en cherchant à comprendre à fond les anciennes épopées allemandes et mieux que je ne l'avais