RÉPÉTITIONS DE « RIENZI
cette pièce (moi-même, je ne Tai jamais entendue) a été jouée souvent avec succès à Prague. Et à ce propos, un critique crut devoir m'ouvrir les yeux sur mes vraies dispositions en déclarant que ce texte était une preuve évidente de mon talent de librettiste et que je m étais fourvoyé en m'adonnant à la composition. A 1 inverse de Laube, qui, lui, après la représentation de TannhâuseVy regrettait encore que pour mon malheur je ne voulusse pas faire écrire mes livrets par un versificateur de métier...
Pour le moment, ce travail m'apporta tout le succès désiré ; Reissiger fit jusqu'au bout son devoir pour l'étude de Rienzi, Il était tenu en haleine, moins peut-être par les vers que je lui hvrais réguüèrement, que par l'intérêt croissant que les acteurs montraient à l'opéra, et surtout par le véritable enthousiasme de Tichatschek. Celui-ci qui, pour ime partie de chasse, lâchait facilement les répétitions au piano, arrivait à celles de Rieuzi les yeux étincelants, l'humeur joyeuse, comme à une fete. Je finis par me trouver dans un état de permanente ivresse. A chaque répétition, les acteurs accueillaient par des acclamations certains passages préférés et un morceau d'ensemble du troisième finale (qu'il fallut malheureusement retrancher plus tard, à cause de sa longueur) devint même une source de revenus pour moi. Tichatschek prétendit que ce si mineur était si beau, que pour l'entendre il fallait payer quelque chose, et il déposa une belle pièce blanche de deux « silbergroschen » sur la table, invitant les autres chanteurs à l'imiter. Ils suivirent tous son exemple avec entrain et, a chaque répé-