COMPOSITION DE« LOHENGRIN » ACHEVÉE (AOUT
pu faire par la lecture des Niehehingentidt^ Chansons de geste, je me laissai captiver par les Recherches de Mone sur les légendes héroïques ; leur richesse me séduisit, quoique les critiques sévères secouassent la tête sur leurs conclusions hardies. Attiré irrésistiblement vers le Nord où je trouvais les sources de ce que je cherchais, je m'efforçai, autant que cela m'était possible sans connaître les langues Scandinaves, de me famüiariser avec YEdda et avec les parties en prose des poèmes héroïques. La lecture de la Wàlsungasaga eut une influence importante sur la façon dont mon imagination traitait ces sujets que j'avais appris à connaître par les Recherches de Mone. La conscience que j'avais depuis longtemps de l'originale beauté de ce vieux monde légendaire devint bientôt assez nette pour que je pusse revêtir d'une forme plastique mes conceptions futures.
Tout cela se pressait et mûrissait en moi tandis que, dans une joie rayonnante, j'achevais les trois actes de mon Lohengrin. Et pendant que j'abandonnais ainsi la route du passé pour entrer dans ce monde nouveau, je sentais nettement que celui-ci serait le port de salut où je me réfugierais pour éviter la médiocrité de l'opéra et du théâtre modernes. Ma santé se fortifiait, ma bonne humeur était si constante que j'oubhai longtemps tous les soucis de ma situation.
Des excursions quotidiennes dans les environs, des bords de l'Elbe aux hauteurs de Plauen, et où j'étais presque toujours seul, uniquement accompagné de Peps, servaient à mon recueillement productif.
Plus que jamais, je fus durant cette saison disposé à