APPROBATION DE TIECK
Mon texte de Lohengrin obtint toute son approbation, mais il ne comprenait pas comment il serait possible de le mettre en musique sans bouleverser totalement les principes qui sont la base de Topéra actuel. Il émettait surtout des inquiétudes pour des scènes pareilles à celle qui a lieu entre Ortrude et Frédéric, au début du deuxième acte. Mes explications sur la façon de résoudre ces difficultés et sur mon idéal en musique dramatique excitèrent, me parut-il, son sincère intérêt. Cependant il devenait plus sérieux à mesure que je m'enthousiasmais, lui faisant part de mes hautes visées et de mon ambition d'obtenir pour elles la protection du roi. « Je ne doute pas, me dit-il, que le roi ne vous écoute attentivement et même qu'il ne témoigne de la sympatliie à vos idées ; mais je vous conseille de ne pas compter sur un résultat pratique, si vous ne voulez pas vous exposer au plus gros désappointement. Que pouvez-vous attendre d'un souverain qui s'enthousiasme aujourd’hui ^ovnV Iphigénie en Tauride de Gluck et demain pour Lucrèce Borgia de Donizetti? »
L'entretien si captivant de Tieck m'empêcha d’abord de remarquer l'amertume de ces paroles. Il me promit volontiers sa recommandation la plus pressante pour le conseiller lUaire et me dit adieu avec beaucoup de bienveillance et de souhaits affectueux, quoique pleins de doute.
Tout le succès de mes démarches fut que je n'arrivais toujours pas à obtenir la fameuse audience du roi. Les répétitions de Rienzi ayant repris sérieusement après le départ de Jenny Lind, je résolus de ne plus consacrer