‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 156 sur 276 · PEU DE SUCCÈS DE <« RIENZI » A BERLIN · texte numérisé non relu

PEU DE SUCCÈS DE <« RIENZI » A BERLIN

mes efforts qu*à la représentation de mon opéra. Il était à prévoir que le roi assisterait à la première, puisqu’elle avait lieu sur ses ordres. Je croyais donc que mon vœu principal se réaliserait de cette manière. Mais plus nous approchions de cette représentation, moins j’avais confiance en sa valeur artistique. Pour le rôle de Rienzi, j avais dû me contenter d’un ténor médiocre et sans talent. C’était un brave homme, de bonne volonté; il m’avait été recommandé instamment par mon très aimable ami Meinhard, chez qui je dînais et qui lui-même jouissait d’une assez bonne renommée. Lorsque je me fus donné bien du mal avec mon ténor et que, ainsi que cela m arrivait souvent, je me fus quelque peu illusionné sur ses capacités, je fus bien forcé, aux dernières répétitions, de me rendre à la malheureuse évidence. La mise en scène, les chœurs, les ballets, les parties secondaires étaient presque parfaits ; mais le personnage principal sur lequel repose toute l’action disparaissait comme une ombre sans caractère.

Le résultat auprès du pubhc, quand l’opéra fut joué à la fin d octobre, se trouva en rapports assez justes avec ces conditions. Grâce au bon effet de quelques brillants morceaux d’orchestre et de l’excellente interprétation d’une Mme Kôster jouant Adriano, il me fut permis de croire à un succès apparent. Mais je sentais moi-même qu’il n’était pas sérieux, car seules les parties accessoires de ma composition avaient été offertes aux yeux et aux oreilles ; sa quintessence n’avait pas touché le sentiment. De plus les critiques berlinois s’empressèrent, suivant leur coutume, de dénigrer mon opéra, de sorte qu’après la

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