CONRADIN DE HOH ENSTA U FEN » D E HILLER
de ma brillante entreprise de Berlin, je fusse obligé de réclamer une avance sur mes appointements.
Il me semble qu’il n’est pas possible d’être plus déprimé que je ne l’étais quand, par un temps abominable, je retournai à Dresde en traversant les tristes Marches prussiennes. Cependant, tout en contemplant silencieusement le brouillard gris par la vitre du wagon, je m amusais à écouter ma femme se disputer avec un commis voyageur. Pour causer, il n’avait rien trouvé de mieux que de dénigrer Rienzi, « ce nouvel opéra ». Ma femme corrigea d’abord diverses erreurs de cet hostile compagnon de voyage, puis elle s’emporta et finit par lui faire avouer que lui-même n’avait pas entendu la pièce et qu’il n’en parlait que par ouï-dire et d’après les critiques. Minna le réprimanda vertement, « car, lui dit-elle, on ne peut jamais savoir qui l’on blesse en parlant ainsi ».
Ce fut la seule impression égayante que je rapportai à Dresde. A peine arrivé je ressentis le contre-coup de mes déboires par la commisération que me témoignaient mes connaissances. Les journaux avaient annoncé un fiasco dans toutes les règles. Ce fut une vraie torture de devoir prendre une mine sereine pour affirmer que l’échec n était pas aussi grave, et qu’au contraire, j’avais passé des moments très agréables à Berün.
Ces efforts dont je n’étais pas coutumier me placèrent dans un singuher parallèle avec Ferdinand Hiller. Pendant mon absence, celui-ci avait fait représenter son nouvel opéra Conradin de Hohenstaufen et, après trois représentations, il avait cru être assuré de son éclatant